Publications du Service canadien des forêts

The impacts of biological control on the performance of Lythrum salicaria 20 years post-release. 2020. Louis, E.St.; Stastny, M.; Sargent, R.D. Biological Control 140

Année : 2020

Disponible au : Centre de foresterie de l'Atlantique

Numéro de catalogue : 40654

La langue : Anglais

Disponibilité : PDF (demande par courriel)

Disponible sur le site Web de la revue ou du journal.
DOI : 10.1016/j.biocontrol.2019.104123

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Résumé

La lutte biologique peut être un outil efficace pour lutter contre les plantes envahissantes. Toutefois, puisqu’elle suppose l’introduction d’une espèce nouvelle dans un écosystème, il peut être difficile de prédire ses répercussions potentielles et son efficacité globale, particulièrement au début. Les programmes de suivi à long terme sont donc essentiels. Malheureusement, les programmes sont peu nombreux à comprendre un suivi officiel, ou ils comprennent souvent un suivi incomplet ne permettant pas l’évaluation des avantages et des risques. Nous décrivons ici une étude dans le cadre de laquelle nous avons réalisé des relevés de la population végétale pour évaluer les répercussions d’une dissémination à grande échelle de deux espèces de chrysomèles (Neogalerucella calmariensis et N. pusilla) pour la lutte contre le Lythrum salicaria, plante envahissante des milieux humides en Ontario, au Canada. Nous avons étudié 18 populations possédant différents historiques de colonisation, y compris un ensemble faisant partie des premiers sites où le gouvernement de l’Ontario a planifié son programme de dissémination, qui a débuté en 1992. Nous avons constaté que le L. salicaria présentait plus de dommages causés par les herbivores et un plus petit nombre d’inflorescences primaires dans les sites des premières disséminations que dans les sites naïfs (jamais colonisés) ou récemment colonisés (apparemment colonisés par des individus migrants). De plus, nous avons découvert que, dans l’ensemble des sites, les quadrats dans lesquels la charge de Neogalerucella spp. était la plus élevée possédaient généralement une faible richesse globale en espèces végétales, ce qui s’explique probablement par la tendance des coléoptères à se rassembler dans les zones qui présentent une densité élevée de plantes ciblées. Fait surprenant, nous n’avons pas observé dans le cadre de notre étude plusieurs des facteurs associés à la réussite des programmes de dissémination, comme une diminution de la densité d’individus, de la production de fruits et de la biomasse souterraine et aérienne chez la plante ciblée dans les sites de dissémination. Nous présentons des justifications potentielles de nos constatations ainsi que des recommandations pour l’application des programmes de lutte biologique et de suivi.

Résumé en langage clair et simple

La lutte biologique contre une espèce envahissante consiste à introduire un ennemi naturel spécialisé dans l’habitat envahi dans le but ultime de supprimer les populations de cette espèce. Afin d’évaluer ce résultat dans l’Est de l’Ontario, nous avons comparé des milieux humides envahis par une plante pérenne indigène de l’Europe, la salicaire pourpre, avec ou sans coléoptères spécialisés (agents de lutte biologique) s’alimentant sur les plantes. Nous avons constaté qu’en dépit de l’établissement réussi des agents de lutte biologique au cours des deux dernières décennies, ces coléoptères n’ont pas causé de réduction notable de la croissance, de la production de graines ou de la densité de l’espèce envahissante par rapport aux sites n’ayant pas fait l’objet de lutte biologique. Notre étude souligne la nécessité d’une surveillance à long terme des populations de l’espèce envahissante à l’heure d’évaluer l’efficacité d’une telle stratégie.