Publications du Service canadien des forêts

No evidence that rapid adaptation impedes biological control of an invasive plant. 2020. Stastny, M.; Russell‐Mercier, J.L.; Sargent, R.D. Evoluntionary Applications 13 (9)

Année : 2020

Disponible au : Centre de foresterie de l'Atlantique

Numéro de catalogue : 40653

La langue : Anglais

Disponibilité : PDF (demande par courriel)

Disponible sur le site Web de la revue ou du journal.
DOI : 10.1111/eva.13053

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Résumé

Les outils de lutte biologique sont populaires pour contrer les espèces envahissantes, mais leur réussite dans la nature est difficile à prédire. Un des risques réside dans le fait que les plantes envahissantes, qui peuvent s’être adaptées à une pression des herbivores inférieure dans leur aire d’introduction, puissent rapidement acquérir des moyens de défense une fois associées de nouveau avec leurs agents de lutte biologique. Des études antérieures ont montré que les populations de salicaire commune (Lythrum salicaria), plante envahissante, exposées à une lutte biologique présentent des caractères correspondant à l’acquisition rapide de moyens de défense. Toutefois, jusqu’à maintenant, cette hypothèse n’a pas été mise à l’essai avec les niveaux d’herbivorie naturellement observés sur le terrain. Nous avons prélevé des graines de salicaire commune dans 17 populations de l’est du Canada, qui possédaient des antécédents d’exposition variables à leur agent de lutte biologique (Neogalerucella spp.), puis avons transplanté 1 088 semis provenant de 136 familles maternelles dans un jardin soumis à l’herbivorie ambiante. Au cours des trois années et demie suivantes, nous avons évalué la performance des plantes face à la lutte biologique, en mesurant les dimensions des plantes en début de saison, la défoliation, la floraison et la biomasse en fin de saison. Nous avons constaté que l’exposition de la population d’origine à l’agent de lutte biologique expliquait peu de variation quant à l’herbivorie ou à la performance des plantes, ce qui donne à penser que l’adaptation ne nuit pas à l’efficacité de la lutte biologique. Les principaux prédicteurs de la croissance et de la floraison des plantes dans le cadre de l’étude étaient plutôt les dimensions de la plante, la défoliation subséquente et les variables spatio-temporelles. L’importante variabilité individuelle que nous avons observée dans la performance des plantes montre que la souplesse des stratégies d’affectation et la phénologie sont d’importants facteurs contribuant à la persistance des plantes envahissantes. Nos résultats donnent à penser que l’adaptation des plantes aux agents de lutte biologique est peu susceptible d’être une entrave importante à la lutte biologique chez l’espèce; toutefois, le taux de survie élevé et le taux de défoliation variable des plantes observés dans le cadre de notre étude indiquent aussi que la lutte biologique à elle seule est peu susceptible d’entraîner un déclin important de la population. Nous recommandons l’utilisation simultanée de multiples formes de lutte (par exemple l’éclaircissage combiné à la lutte biologique) pour prévenir la formation de refuges de grands individus reproducteurs.

Résumé en langage clair et simple

Si la lutte biologique peut constituer une stratégie de lutte efficace contre une espèce envahissante, l’un de ses risques possibles est l’adaptation de cette espèce à son ennemi naturel (agent de lutte biologique) au fil du temps par suite de la sélection naturelle. Dans une expérience pluriannuelle sur le terrain portant sur une plante pérenne envahissante, la salicaire pourpre, nous avons cherché à savoir si les plantes provenant de populations ayant un historique récent de contact avec des ennemis naturels (coléoptères phytophages spécialisés) par la lutte biologique étaient moins endommagées ou moins affectées par les coléoptères que celles provenant de populations n’ayant pas fait l’objet de lutte biologique. Nous n’avons trouvé aucune preuve que les plantes s’étaient récemment adaptées à cet agent de lutte biologique : les dommages causés par l’alimentation des coléoptères et la croissance des plantes étaient très variables, mais ne pouvaient pas s’expliquer par l’historique de lutte biologique des populations. La persistance de cette espèce envahissante semble plutôt s’expliquer par la résilience dont font preuve les plantes d’une année à l’autre au moment de réagir à leur environnement.