Publications du Service canadien des forêts

Earlier springs enable high-Arctic wolf spiders to produce a second clutch. 2020. Høye, T.T.; Kresse, JC.; Koltz, A.M.; Bowden, J.J. Proceedings of the Royal Society B: Biological Sciences 287 (1929)

Année : 2020

Disponible au : Centre de foresterie de l'Atlantique

Numéro de catalogue : 40596

La langue : Anglais

Disponibilité : PDF (demande par courriel)

Disponible sur le site Web de la revue ou du journal.
DOI : 10.1098/rspb.2020.0982

† Ce site peut exiger des frais.

Sélectionner

Résumé

Sous les latitudes méridionales, les araignées produisent couramment de multiples séries d’œufs, mais ce phénomène n’a pas été observé à des latitudes élevées, où la saison d’activité est beaucoup plus courte. Toutefois, la période de fonte de la neige survient de plus en plus tôt dans l’Arctique, ce qui pourrait permettre à certaines espèces de produire une série d’œufs additionnelle. Pour déterminer si ce phénomène se produit déjà, nous avons utilisé des spécimens de l’araignée-loup (Pardosa glacialis) capturés au moyen de pièges-fosses installés dans le cadre du programme de suivi à long terme (1996–2014) de Zackenberg, dans le nord-est du Groenland. Nous avons disséqué des ovisacs et dénombré les œufs et les juvéniles partiellement formés qu’ils contenaient, et avons mesuré la largeur de la carapace des mères. Nous avons constaté une distribution bimodale de la taille des séries d’œufs, comme c’est généralement le cas chez l’araignée-loup à des latitudes inférieures, où elle produit une deuxième série d’œufs, et avons déterminé si les sacs d’œufs correspondaient à une première ou à une deuxième ponte, en fonction de la taille de la série d’œufs. Nous avons évalué si la date de capture médiane différait entre la première et la deuxième série d’œufs, s’il existait une corrélation entre la taille de la série d’œufs et la taille de la femelle et s’il y avait un lien entre la proportion de deuxième ponte produite au cours de la saison et le climat. Nous avons constaté que les séries d’œufs considérées comme la deuxième ponte semblaient être produites considérablement plus tard dans la saison que les premières séries. Les années où la fonte de la neige était hâtive, les premières séries d’œufs étaient observées plus tôt, et la proportion de deuxième ponte était plus élevée. Il est probable que les femelles ont produit leur première série d’œufs plus tôt au cours de ces années, ce qui leur a offert suffisamment de temps pour produire une autre série d’œufs. Nous avons constaté une corrélation entre la taille des premières séries d’œufs et la taille des femelles, mais une telle corrélation n’a pas été observée dans le cas des deuxièmes séries d’œufs. Nos résultats fournissent les premières preuves que les invertébrés de l’Arctique produisent des séries d’œufs additionnelles en réponse au réchauffement. Ce phénomène pourrait être commun mais négligé compte tenu des difficultés associées à la collecte de données à long terme sur le cycle vital dans l’Arctique. En outre, puisque l’araignée-loup est un important prédateur qui a une vaste aire de répartition dans la toundra, on peut s’attendre à observer des conséquences de cette hausse du taux de reproduction sur la population et le réseau trophique.

Résumé en langage clair et simple

Les changements climatiques ont eu des répercussions notables sur la biologie des organismes, particulièrement aux hautes latitudes où ces changements se produisent plus rapidement que dans d’autres parties du globe. Plus précisément, le printemps arrive plus tôt et le réchauffement se produit à un rythme accéléré. Les arthropodes terrestres, comme les insectes et les araignées, sont comme des canaris dans une mine de charbon : leur cycle vital court et leur physiologie déterminée par l’environnement externe en font des indicateurs de changements climatiques. Grâce à un ensemble de données provenant du Haut-Arctique sur les masses d’œufs pondues par une espèce d’araignée-loup sur une période de 18 ans, nous montrons que les printemps plus hâtifs et plus chauds ont offert aux femelles suffisamment de temps pour pondre une seconde masse d’œufs au cours de la même saison. Il est difficile de savoir si ces derniers juvéniles sont recrutés dans la population, mais il pourrait s’ensuivre un effet domino sur ces prédateurs généralistes et sur le réseau trophique local. Il s’agirait de la première preuve de modification du nombre de pontes par un invertébré de l’Arctique causée par les changements climatiques.