Publications du Service canadien des forêts

Impact of the Invasive Beech Leaf-Mining Weevil, Orchestes fagi, on American Beech in Nova Scotia, Canada. 2020. Sweeney, J.D.; Hughes, C.; Zhang, H.; Hillier, N.K.; Morrison, A.; Johns, R. Frontiers in Forests and Global Change

Année : 2020

Disponible au : Centre de foresterie de l'Atlantique

Numéro de catalogue : 40591

La langue : Anglais

Disponibilité : PDF (demande par courriel)

Disponible sur le site Web de la revue ou du journal.
DOI : 10.3389/ffgc.2020.00046

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Résumé

Le charançon du hêtre (Orchestes fagi (L.)) est indigène d’Europe, où il attaque couramment le hêtre commun. Des hêtres communs infestés par ce charançon ont été découverts à Halifax et dans l’île du Cap-Breton, en Nouvelle-Écosse, au Canada, en 2012, mais on trouve des mentions anecdotiques de hêtres défoliés dans la région d’Halifax dès 2006, ce qui donne à penser que l’espèce s’était établie 5 à 10 ans avant sa découverte. La présente étude visait à estimer les répercussions de l’O. fagi sur le hêtre commun dans les sites boisés et dans les zones urbaines, ainsi que ses répercussions économiques sur les propriétaires résidentiels dont le terrain comporte des hêtres communs matures. En 2014, nous avons établi quinze parcelles dans des sites boisés contenant au total 260 hêtres communs à Sandy Lake, à Oakfield et à Mount Uniacke (n = 5 parcelles par site), où le niveau d’infestation par le charançon du hêtre était modéré, faible et nul, respectivement. Parallèlement, nous avons enregistré le niveau de chancre du hêtre sur les tiges principales de chaque arbre. Nous avons visité les parcelles chaque année pour recenser le taux de mortalité des arbres (2014–2019) et le pourcentage de feuilles présentant des mines creusées par les larves ou des dommages causés par l’alimentation des adultes (2016–2019). De 2016 à 2019, le pourcentage de feuilles minées par les larves d’O. fagi est passé de 6 à 59 % à Mount Uniacke et de 48 à 83 % à Oakfield. Au cours de la même période, la mortalité cumulative est passée de 35 à 48 % à Mount Uniacke et de 10 à 70 % à Oakfield. À Sandy Lake, en 2016, 88 % des hêtres étaient morts, et il ne restait pas suffisamment de hêtres vivants pour que nous puissions recueillir un échantillon de feuilles; nous avons donc utilisé les estimations des dommages causés par le charançon (87 % de feuilles minées) des tables de survie d’autres parcelles dans la même région. La mortalité des arbres était associée à la gravité du chancre du hêtre uniquement à Mount Uniacke, site ayant subi une défoliation par le charançon du hêtre pendant le plus petit nombre d’années. De plus, nous avons mené une enquête auprès des résidents d’Halifax en 2016 et en 2018 pour déterminer le taux de mortalité des hêtres et les coûts d’abattage des arbres dans les zones résidentielles urbaines de la même région que la zone boisée (40 km ou moins). Par rapport aux sites boisés de Sandy Lake et de Oakfield, les taux de mortalité étaient inférieurs dans les zones urbaines (32 % en 2016 et 44 % en 2018), malgré que les résidents aient observé des signes de défoliation par le charançon dès 2011–2012. Les coûts directs ($CAN) pour les propriétaires qui ont embauché un arboriste pour abattre un hêtre mort étaient d’environ 1 934 $ (300 à 6 600$) par résident en 2018. Nous présentons brièvement les pistes de solutions pour atténuer les répercussions de l’O. fagi sur le hêtre commun.

Résumé en langage clair et simple

Le charançon du hêtre, le Orchestes fagi, est indigène de l’Europe où il mine habituellement les feuilles du hêtre commun. Ce charançon a été découvert en 2012 infestant le hêtre à grandes feuilles à Halifax et à l’île du Cap-Breton (Nouvelle-Écosse), au Canada, où il causait souvent une défoliation importante. Comme le charançon adulte passe la majeure partie de l’année en dormance dans les coins et recoins de l’écorce de plusieurs espèces d’arbres, les humains peuvent le propager en transportant du bois de chauffage et des billes. En 2014, nous avons établi des placettes d’échantillonnage dans trois forêts de la Nouvelle-Écosse afin de surveiller la défoliation annuelle et la mortalité des arbres et d’estimer l’impact du charançon sur le hêtre à grandes feuilles. Nous avons également effectué des relevés sur des terrains résidentiels de Halifax présentant des hêtres à grandes feuilles afin de déterminer l’impact du charançon sur les forêts urbaines. En 2014, nos quinze placettes de forêt contenaient 217 hêtres à grandes feuilles vivants; en 2019, il n’en restait plus que 80, ce qui correspond à un taux de mortalité global de 64 % sur cinq ans. La mortalité des arbres était positivement corrélée au pourcentage de feuilles minées par le charançon. Le taux de mortalité était plus faible dans les zones urbaines, où 44 % des hêtres poussant sur les terrains résidentiels étaient morts en 2018, mais le coût direct pour les propriétaires qui faisaient enlever des hêtres morts par un ou une arboriste était important, s’établissant en moyenne à 1934 $ (300 à 6600 $) par résident en 2018. Nous présentons brièvement des options pour atténuer l’impact du charançon du hêtre sur le hêtre à grandes feuilles.