Publications du Service canadien des forêts

The persistence of glyphosate in vegetation one year after application. 2021. Edge, C.B.; Brown, M.I.; Heartz, S.; Thompson, D.; Ritter, L.; Ramadoss, M. Forests 12 (5)

Année : 2021

Disponible au : Centre de foresterie de l'Atlantique

Numéro de catalogue : 40583

La langue : Anglais

Disponibilité : Non disponible (cliquer pour plus de détails)

Disponible sur le site Web de la revue ou du journal.
DOI : 10.3390/f12050601

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Résumé

Les herbicides à base de glyphosate sont les herbicides les plus largement utilisés au monde, y compris dans le secteur forestier canadien. En général, les herbicides à base de glyphosate sont considérés comme relativement non toxiques pour les espèces sauvages, en partie à cause de la dégradation rapide de ce produit chimique dans l’environnement. Toutefois, de récents travaux ont montré que le glyphosate peut persister durant au moins un an après son application à de faibles concentrations, ce qui soulève des préoccupations quant à la persistance de traces du produit dans l’environnement. Nous avons mené deux études indépendantes pour caractériser la persistance à court (18 jours) et à long terme (1 an) du glyphosate dans les végétaux qui sont couramment, mais de manière différenciée, consommés par le cerf de Virginie (Odocoileus virginianus), l’orignal (Alces alces) et l’ours noir (Ursus americanus), ou utilisés par les peuples autochtones comme remèdes traditionnels, et avons comparé les concentrations de résidus mesurées aux seuils d’exposition. Dans l’étude à court terme, les concentrations de glyphosate dans le bloc d’application dépassaient la limite générale et la limite maximale de résidus (LMR) dans les fruits frais fixée par Santé Canada (0,1 ppm) jusqu’à 18 jours après l’application. Dans l’étude à long terme, les concentrations de glyphosate étaient supérieures à la LMR une semaine après l’application et inférieures à la LMR un mois et un an après l’application. Si l’on suppose que toute la végétation contient du glyphosate à la concentration la plus élevée observée, que les animaux ne consomment que les végétaux provenant de zones traitées aux herbicides et qu’ils en consomment le niveau physiologique maximal par jour, l’orignal, le cerf de Virginie et l’ours noir pourraient absorber des doses dépassant la dose journalière admissible de glyphosate (0,3 mg/kg/jour) fixée par Santé Canada jusqu’à 18 jours après l’application. Par la suite, étant donné la dissipation observée dans cette étude, nous considérons qu’il est très peu probable que les espèces visées par l’étude puissent consommer suffisamment de végétaux pour qu’il y ait un risque pour leur santé. Dans l’ensemble, nos deux études indépendantes montrent que des traces de glyphosate persistent dans la végétation jusqu’à un an après l’application, mais que les concentrations observées sont peu susceptibles de présenter un risque pour les espèces sauvages. Nous tenons à préciser que les pratiques opérationnelles telles qu’elles sont généralement imposées dans le secteur forestier du Canada sont très importantes et efficaces pour réduire le plus possible les risques.

Résumé en langage clair et simple

Les herbicides les plus couramment utilisés dans le monde sont ceux à base de glyphosate, et leur utilisation en foresterie et dans d’autres secteurs est actuellement très controversée. Une partie de la controverse réside dans la méconnaissance des niveaux d’exposition liés aux différents types de tissus végétaux dans les années suivant le traitement, et de l’incertitude entourant la présence de glyphosate dans les tissus végétaux que les Peuples autochtones utilisent en médecine traditionnelle. Ces valeurs sont rarement mesurées et rapportées, alors qu’elles sont essentielles à l’évaluation du risque à long terme de l’utilisation des herbicides à base de glyphosate en foresterie et à une meilleure explication de ce risque aux peuples qui cueillent des remèdes et de la nourriture dans la forêt. Le présent article détaille les résultats d’une étude à court terme (18 jours) et d’une autre à long terme (1 an) portant sur la persistance du glyphosate et de l’AMPA sur la végétation. Les données issues des deux études montrent que les concentrations de glyphosate atteignent leur valeur maximale une semaine après le traitement, et qu’elles diminuent un mois et un an après le traitement. Nous avons calculé que jusqu’à 18 jours après le traitement, il est possible qu’un orignal, un cerf de Virginie ou un ours noir absorbe une quantité de glyphosate dépassant la dose journalière acceptable (DJA) établie par Santé Canada (0,3 mg/kg/jour) en consommant des végétaux poussant dans les parcelles traitées. Après 18 jours, il devient extrêmement improbable que l’un de ces animaux en absorbe une quantité dépassant la DJA en consommant ces végétaux.