Publications du Service canadien des forêts

Density has more influence than drought on spruce budworm (Choristoneura fumiferana) performance under outbreak conditions. 2018. Moise, E.; Lavigne, M.B.; Johns, R.C. Forest Ecology & Management 433 170-175.

Année : 2018

Disponible au : Centre de foresterie de l'Atlantique

Numéro de catalogue : 40547

La langue : Anglais

Disponibilité : PDF (demande par courriel)

Disponible sur le site Web de la revue ou du journal.
DOI : 10.1016/j.foreco.2018.10.031

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Résumé

Les insectes nuisibles dont les populations explosent périodiquement ont des répercussions considérables sur la structure et le fonctionnement des écosystèmes forestiers. Par exemple, des infestations de tordeuse des bourgeons de l’épinette (Choristoneura fumiferana Clem.) se produisent tous les 35 à 40 ans environ et causent la perte de millions d’hectares de forêt d’épinette et de sapin dans l’est de l’Amérique du Nord. En plus des relations dépendantes de la densité qui ont une incidence sur les infestations d’insectes, la hausse des populations coïncide souvent avec les sécheresses, dont la fréquence et l’intensité devraient augmenter avec les changements climatiques. Toutefois, lorsque les populations approchent d’un niveau critique pour l’infestation, les effets de la concurrence intraspécifique peuvent surpasser ceux du stress hydrique chez les hôtes. Notre étude visait à quantifier la défoliation et les réponses de performance des insectes par rapport aux effets interactifs de la sécheresse et de la densité des populations de tordeuse des bourgeons de l’épinette. Pour évaluer ces interactions, nous avons mené une expérience de manipulation sur le terrain, dans un peuplement forestier mature dominé par le sapin baumier. Nous avons utilisé une combinaison d’abris contre la pluie protégeant un seul arbre et de larves placées dans des cages entourant des branches, à quatre densités : 0, 25, 50 ou 100 individus. Une augmentation considérable de la défoliation en réponse à l’augmentation de la densité d’insectes a été observée sur les pousses de un an, mais n’a pas été constatée pour les pousses de l’année. De plus, la densité a eu un effet négatif considérable sur le taux de survie de la tordeuse des bourgeons de l’épinette, mais le nombre total d’adultes récupérés était tout de même le plus élevé dans le cas du traitement à forte densité d’individus. La masse corporelle des femelles adultes était considérablement réduite avec l’augmentation de la densité, mais uniquement chez les arbres soumis à des conditions de sécheresse. Enfin, la longueur des ailes des mâles diminuait considérablement avec l’augmentation de la densité d’individus. Dans l’ensemble, nos résultats montrent que, pour une large gamme de densités d’infestation, l’exclusion de la pluie avait un effet mineur. Nous prévoyons donc que, lorsque les populations approchent d’un niveau critique pour l’infestation, l’effet de la densité d’individus sur la défoliation ainsi que le taux de survie et l’état corporel des insectes surpassera probablement les répercussions d’un stress hydrique modéré.

Résumé en langage clair et simple

Les épidémies d’insectes ravageurs forestiers coïncident souvent avec des épisodes de sécheresse; on s’attend à ce que la fréquence et l’intensité de ces épisodes augmentent en réponse aux changements climatiques. Toutefois, à mesure que les populations d’insectes approchent de leur maximum, les conséquences de l’encombrement et de la concurrence peuvent l’emporter sur les avantages du stress hydrique chez l’hôte. L’objectif de notre étude était de mesurer la défoliation et les réponses de performance des insectes aux effets interactifs de la sécheresse et de la densité de la tordeuse des bourgeons de l’épinette (Choristoneura fumiferana). Pour tester ces interactions, nous avons établi une expérience de manipulation sur le terrain dans un peuplement de sapins baumiers en utilisant une combinaison d’abris contre la sécheresse et d’insectes en cage à manches à trois densités différentes : 25, 50 ou 100 individus. Nous avons observé que la défoliation des pousses d’un an, mais pas des pousses de l’année en cours, augmentait en réponse à des densités d’insectes plus élevées. Deuxièmement, la densité a eu un effet significatif sur l’état corporel et sur la survie de la tordeuse des bourgeons de l’épinette, la nature des conséquences pour cette dernière étant très spécifique au sexe. Étonnamment, la sécheresse n’a eu que très peu d’effet sur les paramètres mesurés, peut-être en raison d’un décalage temporel entre le développement de la tordeuse des bourgeons et la manifestation des symptômes de sécheresse chez les arbres hôtes. Dans l’ensemble, nos résultats montrent que dans une vaste gamme de densités d’éclosion, l’exclusion de la pluie n’a eu qu’un impact très mineur. Par conséquent, nous prévoyons qu’à mesure que les populations d’insectes nuisibles approchent du pic de l’infestation, l’influence de la densité sur l’alimentation et la performance des insectes l’emportera sur l’impact du stress causé par la sécheresse.