Publications du Service canadien des forêts

Influence of light on sound production behaviors in the emerald ash borer, Agrilus planipennis. 2018. Peter J. Silk, Lucas E. Roscoe, Matt Brophy, Jessica Price, Krista L. Ryall. Entomologia Experimentalis et Applicata 166: 844–853

Année : 2018

Disponible au : Centre de foresterie de l'Atlantique

Numéro de catalogue : 40367

La langue : Anglais

Disponibilité : PDF (demande par courriel)

Disponible sur le site Web de la revue ou du journal.
DOI : 10.1111/eea.12727

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Résumé

Des recherches récentes ont démontré que l’agrile du frêne (Agrilus planipennis Fairmaire (Coleoptera : Buprestidae)) utilise des signaux visuels et chimiques pour localiser des partenaires sexuels et des arbres hôtes potentiels. Nous présentons ici les premières preuves d’une production de signaux acoustiques, possiblement associée à la recherche de partenaires. Nous démontrons pour la première fois que l’ouverture d’ailes et le « pompage » de tête simultanés tant chez les mâles que chez les femelles produisent des sons spécifiques et distincts. Les enregistrements acoustiques montrent que ces sons consistent en une phrase comprenant un « clic » produit par l’ouverture des ailes, suivi de deux piaulements séparés correspondant aux mouvements de la tête vers l’extérieur puis vers l’intérieur. La durée moyenne des piaulements primaire et secondaire était respectivement de 0,332 ± 0,038 s et de 0,414 ± 0,046 s chez les mâles, et de 0,414 ± 0,046 s et 0,389 ± 0,032 s chez les femelles. La durée totale moyenne de la phrase était de 0,905 ± 0,114 s chez les mâles, et de 1,133 ± 0,133 s chez les femelles. La fréquence maximale moyenne au sein des phrases était de 8706,1 ± 141,1 Hz chez les mâles, et de 7885,0 ± 499,2 Hz chez les femelles. Il n’y avait pas de différences significatives dans les paramètres acoustiques entre mâles et femelles. La microscopie électronique à balayage a révélé la présence de structures apparemment de type pars stridens (râpe stridulatoire) et plectrum (grattoir) sur les surfaces ventrales de la gula et du pronotum tant chez les mâles que chez les femelles. En outre, nous avons observé que les proportions de mâles et de femelles manifestant ces comportements spécifiques étaient significativement plus élevées sous éclairage halogène ou incandescent que dans l’obscurité, ce qui montre l’importance de la présence d’une source lumineuse ou du type de lumière pour la production des signaux acoustiques. Nos résultats révèlent pour la première fois l’existence d’un comportement de production de signaux acoustiques chez l’A. planipennis, comportement qui était significativement tributaire des conditions lumineuses.

Résumé en langage clair et simple

L’agrile du frêne est un important ravageur des frênes au Canada et aux États Unis. Depuis sa détection sur le continent en 2002, il a tué des millions de frênes en milieux forestiers et urbains au Canada et dans l’est des États Unis. En raison des graves effets écologiques et économiques de sa propagation sur le continent, d’importants travaux de recherche en matière de stratégies de gestion et d’atténuation ont été entrepris. L’élaboration de bons outils de détection et de quantification des populations est de toute première importance pour les stratégies de gestion. De tels outils sont essentiels pour cerner les infestations et mesurer l’efficacité des techniques d’éradication. Un piège utilisant des composés volatils végétaux et phéromonaux attractifs pour détecter les adultes a été mis au point par des scientifiques du Service canadien des forêts et est le principal outil de dépistage des populations d’agriles du frêne. Ce piège exploite des signaux visuels et chimiques utilisés par les adultes pour localiser des arbres hôtes et se localiser entre eux. Une autre modalité sensorielle, non encore décrite, existe aussi chez l’agrile du frêne, soit celle des signaux acoustiques produits par les adultes. Dans le présent article, nous décrivons pour la première fois l’existence de sons détectables et quantifiables produits par les adultes. Ces sons semblent être semblables chez les mâles et les femelles, et ils sont fortement tributaires de la perception de lumière. Les adultes ne produisent des sons que sous éclairage halogène ou incandescent, et jamais dans l’obscurité. Nos résultats révèlent l’existence d’un mode de communication nouveau et intéressant chez l’agrile du frêne, et ouvrent une voie de recherche prometteuse en matière de comportement induit par le son et la lumière chez cette espèce envahissante.