Publications du Service canadien des forêts

Road avoidance and its energetic consequences for reptiles. 2019. Paterson, James E; Baxter‐Gilbert, James; Beaudry, Frederic; Carstairs, Sue; Chow‐Fraser, Patricia; Edge, Christopher B; Lentini, Andrew M; Litzgus, Jacqueline D; Markle, Chantel E; McKeown, Kassie; Moore, Jennifer A; Refsnider, Jeanine M; Riley, Julia L.; Rouse, Jeremy D; Seburn, David C; Zimmerling, J. Ryan; Davy, Christina M. Ecology and Evolution Vol. 9, Issue 17: 9794-9803.

Année : 2019

Disponible au : Centre de foresterie de l'Atlantique

Numéro de catalogue : 39889

La langue : Anglais

Disponibilité au SCF : PDF (télécharger)

Disponible sur le site Web de la revue ou du journal.
DOI : 10.1002/ece3.5515

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Résumé

Les routes constituent l’une des modifications anthropiques de l’habitat les plus répandues; elles peuvent accroître les taux de mortalité des animaux sauvages et modifier leur comportement. Les routes peuvent constituer des obstacles plus ou moins perméables aux déplacements des animaux et accroître les distances qu’ils doivent parcourir pour accéder à des habitats. Comme les déplacements d’un animal lui coûtent cher en énergie, l’évitement des routes peut avoir un impact sur son bilan énergétique. Nous avons vérifié si les reptiles évitent les routes et si les conséquences énergétiques de cet évitement réduisent la valeur adaptative des individus. Nous nous sommes servis de données télémétriques sur des tortues mouchetées (Emydoidea blandingii; 11 658 localisations de 286 individus dans 15 sites) et des serpents massasaugas (Sistrurus catenatus; 1 868 localisations de 49 individus dans trois sites) pour comparer la fréquence de leurs traversées de route observées et de leur utilisation de l’habitat adjacent aux routes avec les fréquences prévues d’après des simulations de marches aléatoires corrélées. Les deux espèces n’évitaient pas les habitats près des routes, mais elles évitaient de traverser les routes. Par rapport aux simulations, les tortues ont traversé moins souvent les routes asphaltées à basse limite de vitesse et plus souvent les routes asphaltées à limite de vitesse élevée. Les serpents ont traversé moins souvent tous les types de routes que ce que les simulations prévoyaient. Les tortues parcouraient de plus longues distances quotidiennes lorsque leur domaine vital comprenait des routes, mais le coût énergétique prévu était négligeable, beaucoup moins que le coût de production d’un œuf. La distance de déplacement quotidienne des serpents dont le domaine vital comprenait des routes n’était pas plus longue que celle des serpents au domaine vital sans route. En résumé, nous avons constaté que les deux espèces évitaient de traverser les routes, mais que cet évitement est peu susceptible de nuire à la valeur adaptative des individus en raison d’une dépense d’énergie accrue. La mortalité causée par les collisions avec des véhicules constitue donc l’impact le plus important des routes sur les populations de reptiles.

Résumé en langage clair et simple

Constituant l’un des types d’infrastructures les plus répandus, les routes peuvent avoir un impact considérable sur les organismes en fragmentant leur habitat et en causant la mortalité d’animaux lorsqu’ils entrent en collision avec des véhicules. La façon dont les animaux perçoivent les routes détermine la façon dont ils interagissent avec elles; ils peuvent traverser ou éviter les routes, ou les utiliser comme habitat. La façon dont les animaux interagissent avec les routes est importante en foresterie parce que les routes d’accès aux forêts ont généralement un faible débit de circulation et que la présence d’une route peut avoir des effets importants. Le présent article examine comment deux espèces modifient leurs déplacements, et donc leurs coûts énergétiques, en réaction aux routes. L’étude montre que les deux espèces évitent généralement de traverser toutes les routes et se déplacent sur de plus grandes distances en présence de routes. Aucune des deux espèces n’évite complètement de traverser les routes. Le coût énergétique des déplacements supplémentaires est minime par rapport à celui de la reproduction. Dans le contexte de la foresterie, les résultats de l’étude montrent que les animaux évitent de traverser les routes peu importe le type de surface routière, mais que les routes sont peu susceptibles d’avoir de graves conséquences pour les animaux étudiés à moins qu’elles les empêchent d’accéder à un habitat essentiel ou que des individus s’aventurant sur les routes se fassent frapper et tuer par un véhicule.

Cet article est le fruit d’une collaboration avec des chercheurs universitaires qui ont utilisé un jeu de données que j’ai recueillies. J’ai également contribué à l’interprétation des résultats et à la révision du manuscrit.