Publications du Service canadien des forêts

First report of mating disruption with an aggregation pheromone: a case study with Tetropium fuscum (Coleoptera: Cereambycidae). Sweeney, J.D.; Silk, P.J.; Rhainds, M.; MacKay, W.; Hughes, C.; Van Rooyen, K.; MacKinnon, W.; Leclair, G.; Holmes, S.E.; Kettela, E.G. 2017. Journal of Economic Entomology 110(3): 1078-1086.

Année : 2017

Disponible au : Centre de foresterie de l'Atlantique

Numéro de catalogue : 39129

Langue : Anglais

Disponibilité au SCF : PDF (télécharger)

Disponible sur le site Web de la revue ou du journal.
DOI (identifiant d'objet numérique) : 10.1093/jee/tow308

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Résumé

Le Tetropium fuscum (F.), indigène d’Europe, est établi depuis au moins 1990 en Nouvelle-Écosse, au Canada. Il est considéré comme une menace faible à modérée pour les forêts d’épinettes (Picea spp.) en Amérique du Nord et est réglementé à titre d’organisme de quarantaine par l’Agence canadienne d’inspection des aliments. Nous avons effectué des traitements en pleine surface de (5E)-6,10-diméthyl-5,9-undécadien-2-ol racémique (fuscumol), une phéromone d’agrégation, au moyen de Bio-Flakes d’Hercon (Hercon International, Emigsville, PA) renfermant une concentration de 10 % de ce composé, afin d’évaluer l’efficacité de ce traitement pour perturber l’accouplement du T. fuscum et ainsi d’en réfréner les populations. L’application de deux traitements de 2,5 à 2,75 kg de Bio-Flakes (250­275 g m.a.) par hectare par saison a permis de réduire considérablement le nombre de prises dans les pièges et le taux de reproduction (2009, 2010, 2012) : environ 30 % des femelles piégées dans les parcelles traitées étaient fécondées, comparativement à 60 % dans les parcelles témoin. Des réductions semblables des taux de reproduction ont été observées en 2011 avec une ou deux applications de 4,5 kg/ha de Bio-Flakes. Les densités moyennes de T. fuscum ayant colonisé les billons-appâts Sentinel ou d’arbres annelés étaient de 36 % moins élevées dans les parcelles ayant reçu un traitement de phéromone que dans les parcelles témoin, mais cette différence n’était pas significative sur le plan statistique. Il est possible que l’absence de répression de la population s’explique par l’immigration de femelles dans les parcelles traitées ou par le fait que les populations étaient élevées au point que, malgré une diminution de 50 % du taux de reproduction, le nombre absolu de femelles fécondées était suffisant pour que les billons-appâts ou les arbres soient infestés. Notre étude constitue la première démonstration de la confusion sexuelle chez un insecte au moyen d’une application généralisée d’une phéromone d’agrégation. La confusion sexuelle faisant appel à une phéromone pourrait ralentir la propagation des cérambycidés envahissants en ciblant les populations périphériques de faible densité qui se trouvent près du front d’une infestation ou devant celui-ci.

Résumé en langage clair et simple

Établi en Nouvelle Écosse (Canada) depuis au moins 1990, le longicorne brun de l’épinette (LBE) est considéré comme une menace faible à modérée pour les forêts d’épinettes (Picea spp.) matures de l’Amérique du Nord et est réglementé à titre d’organisme de quarantaine par l’Agence canadienne d’inspection des aliments afin de ralentir sa propagation. Dans cette étude, nous avons vérifié l’efficacité d’une méthode de perturbation de l’accouplement par une phéromone pour combattre le LBE et ralentir sa propagation en Amérique du Nord. Les phéromones sont des substances émises par les insectes pour attirer leurs congénères de l’autre sexe (phéromones sexuelles) ou des deux sexes (phéromones d’agrégation) afin d’accroître l’accouplement, la colonisation de plantes hôtes adéquates, etc. L’application généralisée de phéromones sexuelles a permis de réduire des populations de ravageurs comme la spongieuse en perturbant la réponse des mâles aux phéromones émises par les femelles, réduisant ainsi le taux d’accouplement et la production d’œufs fertiles. Le LBE mâle émet une phéromone d’agrégation appelée fuscumol qui stimule l’attirance des mâles et des femelles pour les odeurs des épinettes stressées. Dans deux essais en forêt menés de 2008 à 2012, nous avons mesuré les effets d’applications aériennes de microflocons biodégradables Hercon BioFlakes® imprégnés de fuscumol sur le taux d’accouplement des LBE et leur niveau d’infestation. Deux applications de la phéromone par saison ont réduit le taux d’accouplement de 50 % : seulement 30 % des femelles étaient accouplées dans les parcelles traitées, contre 60 % dans les parcelles non traitées. Toutefois, l’effet sur le niveau d’infestation était variable, et les densités de LBE n’ont été réduites significativement. L’absence de répression de la population dans les parcelles traitées pourrait être attribuable à l’immigration de femelles accouplées dans ces parcelles ou à une trop grande abondance de T. fuscum dans nos sites d’essai. Selon la théorie, la perturbation de l’accouplement par une phéromone fonctionne le mieux chez les populations de faible densité où la concurrence avec la phéromone naturellement émise par les insectes est plus faible. Notre étude constitue la première démonstration de la perturbation de l’accouplement d’insectes par une application généralisée d’une phéromone d’agrégation. Nos résultats laissent croire que l’application de fuscumol pourrait être utile pour ralentir la propagation du LBE si elle vise des populations périphériques de faible densité qui se trouvent près du front d’une infestation ou devant celle ci.

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