Publications du Service canadien des forêts

Citizen monitoring of invasive species: wing morphometry as a tool for detection of alien Tetropium species. 2017. Goczal, J.; Rossa, R.; Sweeney, J.D.; Tofilski, A. Journal of Applied Entomology 141: 496-506.

Année : 2017

Disponible au : Centre de foresterie de l'Atlantique

Numéro de catalogue : 38986

La langue : Anglais

Disponibilité au SCF : PDF (télécharger)

Disponible sur le site Web de la revue ou du journal.
DOI : 10.1111/jen.12370

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Résumé

La menace croissante que représentent les insectes xylophages exotiques a mené à la mise sur pied de programmes de surveillance à grande échelle. Ces programmes reposent le plus souvent sur des pièges à phéromone, qui permettent la détection précoce et le suivi des espèces envahissantes. Cette approche est toutefois coûteuse, car elle suppose le traitement et l’identification précise de grands nombres de spécimens. L’une des solutions les plus souvent avancées pour résoudre ce problème est la participation citoyenne aux activités de surveillance des espèces envahissantes. Une telle approche peut permettre la réduction des coûts ainsi que la production de données à partir d’un grand nombre de sites. Toutefois, l’expertise et l’expérience en matière de taxinomie varient d’un citoyen à l’autre, ce qui peut entraîner des erreurs d’identification. Ce problème peut être particulièrement important dans le cas des insectes xylophages, qui comptent de nombreuses espèces semblables sur le plan morphologique. Dans le cadre de la présente étude, nous avons mis au point une méthode semi-automatique permettant l’identification de quatre espèces xylophages envahissantes du genre Tetropium à morphologie semblable et avons analysé son potentiel comme outil dans le cadre des programmes de surveillance par les citoyens. L’identification est faite d’après les dimensions des ailes et ne nécessite aucune connaissance spécialisée et aucun équipement coûteux. La méthode a permis l’identification des espèces du genre Tetropium avec une marge d’erreur allant de 1,3 % dans le cas du T. fuscum à 7,5 % dans le cas du T. cinnamopterum. Nous avons constaté que le niveau d’expérience de l’utilisateur n’était pas lié au taux d’identification correcte; en moyenne, les bénévoles sans expérience ont correctement déterminé l’espèce de 93 % des spécimens du genre Tetropium. L’amélioration de cette méthode pourrait constituer une étape importante pour surmonter les obstacles liés à la taxinomie rencontrés dans le cadre des programmes de surveillance par les citoyens visant des groupes d’insectes dont l’identification est complexe.

Résumé en langage clair et simple

Le commerce mondial et le déplacement d’un continent à l’autre d’importants volumes de marchandises conteneurisées entraînent parfois l’introduction accidentelle d’insectes d’Asie ou d’Europe en Amérique du Nord ou vice versa. Ce risque est particulièrement élevé dans le cas des coléoptères perceurs du bois, car ceux-ci peuvent survivre pendant des mois dans le bois utilisé pour emballer bon nombre de ces marchandises, et une fois introduites et établies, certaines espèces peuvent devenir envahissantes et infliger de graves dommages aux forêts. On procède chaque année à des campagnes de piégeage dans les principaux ports et des grandes villes du Canada afin de détecter le plus rapidement possible les espèces qui pourraient être introduites. Une large part des coûts associés à ces campagnes est liée à la main-d’œuvre requise pour trier et identifier les coléoptères capturés dans les pièges. Le recours à la science citoyenne pourrait être une façon de réduire ces coûts et d’obtenir des données d’un plus grand nombre de sites. Toutefois, la majorité des citoyens ne possèdent pas les connaissances spécialisées requises pour identifier les nombreuses espèces de coléoptères présentes dans les pièges. Nous décrivons ici une méthode relativement simple qu’un citoyen de la science pourrait utiliser à profit pour distinguer quatre espèces de coléoptères perceurs du bois appartenant à un même genre (Tetropium spp.). Avec cette méthode, le citoyen n’a qu’à retirer une aile du coléoptère à identifier, la placer entre deux lames de verre, la numériser à l’aide d’un photocopieur/imprimante et utiliser un progiciel pour placer 17 points sur l’aile. Le logiciel identifie ensuite l’espèce du genre Tetropium d’après la forme de l’aile et les différentes mesures s’y rattachant. Nous avons fait appel à des bénévoles inexpérimentés pour évaluer l’efficacité de cette méthode, et les identifications se sont révélées exactes dans 93 % des cas. Les futures améliorations apportées à la présente méthode et l’élaboration de méthodes similaires pourraient encourager les citoyens intéressés à participer à la surveillance des espèces envahissantes.