Publications du Service canadien des forêts

Alien fungal species on asymptomatic live woody plant material imported into Canada. 2015. Bérubé, J.A.; Nicolas, G.G. Can. J. Plant Pathol. 37:67-81.

Année : 2015

Disponible au : Centre de foresterie des Laurentides

Numéro de catalogue : 35895

La langue : Anglais

Disponibilité au SCF : PDF (demande par courriel)

Disponible sur le site Web de la revue ou du journal.
DOI : 10.1080/07060661.2014.986526

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Abstract

Les espèces fongiques exotiques non-décrites et inconnues de la science ayant le potentiel d’être pathogènes représentent un risqué important pour les forêts canadiennes et sont souvent difficiles à détecter sur du matériel de plantes vivantes importé à cause de leur nature cryptique. Une méthode d’alerte précoce basée sur un échantillonnage aléatoire de matériel sur des plants ligneux vivants et asymptomatiques importés au Canada a été utilisée pour détecter des champignons précédemment non décrits et étrangers à potentiel pathogène. Nous avons traité 150 lots d’échantillons asymptomatiques collectés par des inspecteurs de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA). Les échantillons ont été analysés par clonage et séquençage des régions génomiques encodant les espaceurs internes transcrits de l’ADN ribosomal fongique (régions ITS) présents dans les tissus des plants. À partir des 1845 clones de champignons ainsi obtenus, 267 unités taxonomiques opérationnelles (UTO) fongiques ont été définies. Par une analyse de profilage phylogénétique, nous avons catégorisé deux UTO fongiques comme pouvant avoir un potentiel d’impact modéré sur les forêts canadiennes, 37 UTO avec un potentiel d’impact faible et 18 UTO restent non évaluées à cause de leur faible similarité génétique dans les banques de séquences ITS références. Dans tous les cas, le danger potentiel de ces 57 UTO fongiques provient du fait qu’elles peuvent être considérées comme de nouvelles espèces pour la science ou appartenir à un ordre, une classe, une famille ou un genre au sein duquel la présence de pathogènes est commune. L’introduction de champignons étrangers ayant un potentiel d’impact modéré pour les forêts canadiennes s’observe à une fréquence très faible (0,2%) du nombre d’unité d’échantillonnage (les clones). Seulement 1,3% des échantillons de l’ACIA ont au moins une UTO fongique avec un potentiel d’impact modéré sur les forêts canadiennes, alors que 74% des échantillons sont exempts d’UTO fongiques pouvant avoir un impact. Cette méthode d’alerte précoce fournie un portrait des communautés fongiques entrantes au Canada sur du matériel végétal vivant en mettant en évidence les champignons à potential pathogène, le risque qu’ils représentent pour les arbres canadiens et la magnitude de ce phénomène.

Résumé en langage clair et simple

L’importation de plantes vivantes peut permettre l’introduction de champignons causant des maladies chez les arbres des forêts canadiennes. Le danger potentiel provient du fait qu’il est possible que certaines espèces communes de champignons ne causant aucun symptôme sur les arbres à l’étranger deviennent des agents pathogènes virulents à leur arrivée en Amérique. Cette menace, bien qu’elle existe depuis toujours, prend de l’ampleur avec les échanges commerciaux grandissants, notamment entre la Chine et le reste du monde. Qui plus est, les espèces de champignons exotiques inconnues de la science sont difficiles à détecter chez ces plantes. Pour pallier cette difficulté, les chercheurs ont développé une méthode d’alerte précoce. Cette méthode est basée sur la détection de champignons dans un échantillonnage aléatoire de plants ligneux vivants importés au Canada qui ne présentaient pas de symptômes de maladies. Les échantillons ont été fournis par des inspecteurs de l’Agence canadienne d’inspection des aliments. Le potentiel d’impact de ces champignons sur les forêts peut être inconnu, nul, faible, modéré ou grave.

Les résultats de cette étude montrent que la fréquence d’introduction de champignons ayant un potentiel d’impact modéré sur les forêts canadiennes est très basse, soit 0,2 %. De plus, aucun champignon ayant un potentiel d’impact élevé n’a été relevé.