Publications du Service canadien des forêts

La prénylation des protéines chez les insectes : cible prometteuse pour le développement d'insecticides biorationnels ciblant les Lépidoptères? 2014. Barbar, A.; Cusson, M. Biotechnologie, Agronomie, Société et Environnement (BASE)18:376-382.

Année : 2014

Disponible au : Centre de foresterie des Laurentides

Numéro de catalogue : 35710

La langue : Français

Disponibilité au SCF : PDF (demande par courriel)

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Abstract

Les « short-chain » prényltransférases (farnésyl diphosphate synthase [FPPS] et géranylgéranyl diphosphate synthase [GGPPS]) et les protéine-prényltransférases (farnésyltransférase et géranylgéranyltransférase) sont des familles d’enzymes impliquées respectivement dans la synthèse des groupements prényl C15 et C20 et dans leur attachement à l’extrémité C-terminale de plusieurs protéines d’eucaryotes. La voie de prénylation des protéines étant une voie importante pour la localisation et l’activation de plusieurs protéines, ces enzymes ont fait l’objet de nombreuses études de caractérisation chez les mammifères dans le but de développer de nouveaux outils thérapeutiques anticancéreux. Chez les insectes, seules la FPPS et la GGPPS ont été caractérisées à ce jour. La FPPS semble présenter, chez le groupe des Lépidoptères, des traits uniques, constituant ainsi une cible potentielle pour le développement d’insecticides biorationnels qui visent à perturber le mécanisme de plusieurs voies métaboliques importantes incluant la biosynthèse de l’hormone juvénile et la prénylation des protéines. La poursuite des travaux de caractérisation des FPPS et des GGPPS et l’étude des protéine-prényltransférases d’insectes fourniront des données essentielles permettant de développer des insecticides biorationnels ciblant les enzymes de la prénylation.

Résumé en langage clair et simple

Le développement de stratégies et d’outils pour lutter contre les épidémies de tordeuses des bourgeons de l’épinette (TBE) passe par l’acquisition de connaissances approfondies sur la biologie de ce ravageur des forêts de sapins et d’épinettes au Canada.

Plus spécifiquement, le développement des connaissances sur les enzymes de la TBE permettra de concevoir de nouveaux produits antiparasitaires et de développer des substances qui bloqueront l’action de ces enzymes.

Les chercheurs du SCF ont caractérisé des enzymes jouant un rôle important dans des processus métaboliques vitaux pour la TBE. Un de ces processus est la prénylation. Elle permet la modification de certaines protéines par l’ajout d’une chaîne de carbone (15 ou 20 carbones), laquelle permet à l’enzyme de s’ancrer dans les membranes cellulaires. Cet article est une revue de la littérature sur les enzymes qui participent à la prénylation des protéines et sur l’utilisation de ces enzymes comme cibles pour le développement de produits antiparasitaires. Deux grandes catégories d’enzymes sont impliquées dans la prénylation : les enzymes responsables de la synthèse des chaînes carbonées et les enzymes responsables de leur liaison aux protéines. Bien que certaines enzymes de la première catégorie aient été bien caractérisées chez les insectes, celles de la seconde demeurent peu étudiées chez ce groupe. Toutefois, leur rôle important suggère qu’elles constituent des cibles prometteuses pour le développement de nouveaux insecticides.