Publications du Service canadien des forêts

Evaluating seasonal variation in bottom-up and top-down forces and their impact on an exotic wood borer, Tetropium fuscum (Coleoptera: Cerambycidae). 2013. Flaherty, L.; Quiring, D.T.; Pureswaran, D.; Sweeney, J.D. Environmental Entomology 42(5): 831-1122.

Année : 2013

Disponible au : Centre de foresterie de l'Atlantique

Numéro de catalogue : 35120

La langue : Anglais

Disponibilité au SCF : PDF (demande par courriel)

Disponible sur le site Web de la revue ou du journal.
DOI : 10.1603/EN13043

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Résumé

Il est établi que des facteurs liés à plusieurs niveaux trophiques influent simultanément sur la performance des herbivores, mais on connaît encore mal l’importance relative de ces divers facteurs dans le temps et dans l’espace. Nous avons évalué à cet égard la variation saisonnière de l’impact de deux facteurs respectivement liés à un niveau trophique inférieur (état de l’hôte) et à un niveau trophique supérieur (ennemis naturels) ainsi que de la compétition sur la performance d’un insecte xylophage exotique, le Tetropium fuscum (F.) (Coleoptera : Cerambycidae). Nous avons placé des œufs de cette espèce, avec ou sans protection, sur des sujets sains et stressés d’épinette rouge (Picea rubens Sargent), à trois moments de la période naturelle de vol de l’insecte. Nous avons également mesuré la longueur des lésions nécrotiques (réaction d’hypersensibilité induite) apparaissant à la suite de l’attaque. Conformément aux prédictions, la performance du T. fuscum était généralement meilleure et induisait chez l’hôte une réaction de défense moins prononcée dans le cas des arbres stressés que dans celui des arbres sains, mais l’impact de l’état de l’hôte sur la performance du T. fuscum variait au cours de la saison. Le moment où survenait l’attaque était critique, car il influait sur l’importance des effets liés à des niveaux trophiques inférieurs et ainsi sur tous les paramètres de performance du T. fuscum. Le taux de survie diminuait si l’attaque survenait trop tôt (fin mai) ou trop tard (fin juin), ce qui a pu favoriser, chez le T. fuscum, une sélection stable en fonction de la date d’attaque. Les taux de parasitisme et de compétition ont été généralement négligeables au cours de l’étude. Nos résultats semblent indiquer que le moment de l’attaque est critique pour cet insecte xylophage et qu’il faudrait étudier dans d’autres systèmes la variation temporelle de l’importance relative des facteurs liés aux niveaux trophiques inférieurs et supérieurs.

Résumé en langage clair et simple

Le longicorne brun de l’épinette (Tetropium fuscum) est une espèce envahissante originaire d’Europe qui s’est établie en Nouvelle-Écosse et qui étend lentement son aire de répartition vers l’ouest. En Europe, ce ravageur attaque les épinettes de Norvège gravement affaiblies, mais au Canada, il a infesté et tué des épinettes apparemment saines. Lors d’études précédentes au cours desquelles nous avons placé des œufs ou des adultes sur des arbres (choix de l’hôte imposé expérimentalement), nous avons noté que la survie était beaucoup plus élevée chez les individus placés sur des épinettes stressées que chez ceux placés sur des épinettes saines. Selon l’hypothèse préférence/performance, les femelles, lorsqu’elles ont le choix, devraient préférer pondre leurs œufs sur des arbres offrant les meilleures chances de survie à leur progéniture. Nous avons vérifié cette hypothèse chez le longicorne brun de l’épinette en comparant les nombres d’individus atterrissant sur des épinettes saines versus des épinettes stressées ainsi que les nombres d’œufs déposés par arbre. Les épinettes stressées ont attiré dix fois plus d’individus que les épinettes saines. En outre, une fois sur l’hôte, les femelles ont pondu trois fois plus d’œufs sur les épinettes stressées que sur les épinettes saines. Ces résultats sont conformes aux prévisions de l’hypothèse préférence/performance. En d’autres mots, le choix du site de ponte par les femelles était judicieux. Nos résultats indiquent également que les femelles, probablement guidées par des stimuli olfactifs, avaient déjà en grande partie déjà arrêté leur choix avant d’atterrir sur l’hôte. Enfin, nos résultats semblent indiquer que les épinettes saines sont beaucoup moins susceptibles d’être infestées par le longicorne brun de l’épinette que les épinettes stressées.