Publications du Service canadien des forêts

Preference of an exotic wood borer for stressed trees is more attributable to pre-alighting than post-alighting behaviour. 2013. Flaherty, L.; Quiring, D.T.; Pureswaran, D.; Sweeney, J.D. Ecological Entomology 38: 546-552.

Année : 2013

Disponible au : Centre de foresterie de l'Atlantique

Numéro de catalogue : 35119

La langue : Anglais

Disponibilité au SCF : PDF (demande par courriel)

Disponible sur le site Web de la revue ou du journal.
DOI : 10.1111/een.12045

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Résumé

  1. On sait que les insectes utilisent des mécanismes différents pour choisir leur hôte selon qu’ils sont encore en vol ou qu’ils se sont posés sur un hôte potentiel, mais peu d’études ont porté sur ces comportements distincts, particulièrement dans le cas des insectes xylophages.
  2. Nous avons étudié les deux mécanismes de choix de l’hôte chez le Tetropium fuscum (F.) (Coleoptera : Cerambycidae), longicorne xylophage paléarctique récemment introduit à Halifax, en Nouvelle-Écosse.
  3. Nous voulions vérifier si le T. fuscum préfère pondre dans les sujets stressés (par annélation) plutôt que sains d’épinette rouge (Picea rubens Sarg.; Pinaceae), conformément à l’hypothèse selon laquelle la préférence est liée à la performance de l’hôte. Nous avons également mesuré à quelle fréquence se posent sur leur hôte une espèce indigène apparentée, le Tetropium cinnamopterum Kirby (Coleoptera : Cerambycidae) ainsi que les parasitoïdes s’attaquant aux insectes du genre Tetropium.
  4. Le Tetropium fuscum préférait systématiquement les arbres stressés aux arbres sains. En effet, les adultes de l’espèce se posaient plus de 10 fois aussi souvent (11,0 ± 1,5 contre 0,6 ± 0,2 adultes par arbre) sur les arbres stressés que sur les arbres sains, et les femelles y pondaient plus de 3 fois autant d’œufs (130 ± 23 contre 38 ± 13 œufs per tronc), ce qui est conforme à l’hypothèse préférence-performance.
  5. Il était rare que le Tetropium fuscum fasse un mauvais choix d’hôte avant de se poser, mais il était plus fréquent que la femelle, une fois posée, ponde sur un hôte à performance relativement faible. Le choix d’un hôte de qualité (stressé) par la femelle du T. fuscum est donc davantage attribuable à son comportement en vol qu’à son comportement une fois posée.

Résumé en langage clair et simple

Le longicorne brun de l’épinette (Tetropium fuscum) est une espèce envahissante originaire d’Europe qui étend lentement son aire de répartition vers l’ouest depuis qu’elle s’est établie en Nouvelle-Écosse. En Europe, ce ravageur infeste les épinettes de Norvège (Picea abies) très affaiblies, mais au Canada, il a attaqué et tué des épinettes apparemment saines. Cette étude visait à déterminer les effets de l’état de santé de l’hôte, des ennemis naturels (p. ex. prédateurs) et de l’époque de l’année (début, milieu ou fin de la saison) où les attaques se produisent sur la survie du longicorne. Nous avons placé 50 œufs de T. fuscum sur 60 épinettes rouges (Picea rubens), soit 30 sujets affaiblis par annélation (retrait d’un anneau d’écorce et de bois autour de toute la tige) et 30 sujets sains. Sur chaque épinette, nous avons recouvert la moitié des œufs d’un fin filet pour les protéger contre les ennemis naturels et laissé les autres sans protection. Enfin, nous avons placé ces œufs à trois périodes de l’année différentes (fin mai, mi-juin et fin juin) afin de simuler la phénologie des attaques du ravageur au début, au milieu et à la fin de la saison. Nous avons constaté que les ennemis naturels avaient peu d’impact sur la survie du ravageur mais que l’état de santé de l’hôte et le moment de l’attaque jouaient un rôle très important à cet égard. Les taux de survie et la vitesse de croissance du ravageur dans les épinettes saines étaient nettement inférieurs aux valeurs observées dans les épinettes affaiblies. Les taux de survie étaient également plus faibles chez les larves issues d’œufs placés sur les épinettes en début ou en fin de saison, même dans les épinettes affaiblies. Ces résultats semblent indiquer que les épinettes saines ne sont pas susceptibles d’être colonisées par le longicorne brun de l’épinette, du moins pas à des densités de 50 œufs par arbre.