Publications du Service canadien des forêts

Old-growth forests of the Acadian Forest Region. 2003. Mosseler, A.; Lynds, J.A.; Major, J.E. Environmental Reviews 11: S47-S77.

Année : 2003

Disponible au : Centre de foresterie de l'Atlantique

Numéro de catalogue : 22859

La langue : Anglais

Disponibilité : PDF (demande par courriel)

Disponible sur le site Web de la revue ou du journal.
DOI : 10.1139/a03-015

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Résumé

Les forêts anciennes de la région forestière acadienne (RFA) n'ayant pas été suffisamment étudieées, nous devons faire appel aux connaissances générales sur l'écologie et la succession naturelle des forêts, la biologie des populations, la dynamique des perturbations et la palynologie pour établir l'étendue probable des forêts anciennes de fin de succession avant la colonisation européene, comprendre leur apport à la diversité biologique des forêts acadiennes et préciser les prescriptions sylvicoles requises pour conserver une composante de ces forêts anciennes dans le paysage. Pour définir les caractéristiques structuales d'une forêt ancienne acadienne typique, on peut s'appuyer sur les quelques peuplements résiduels de cette forêt dans la RFA et des études de forêts apparentées de la région forestière canadienne des Grans Lacs et du Saint-Laurent ainsi que d'autres forêts de la zone tempérée de l'Est de l'Amérique du Nord. Après plusieurs centaines d'années de coupe des forêts pour l'agriculture et la récolte du bois, presque toutes les anciennes forêts des provinces Maritimes ont été éliminées. Néamoins, d'après notre connaissance limitée des forêts anciennes, il semble généralement que la plupart des caractéristiques structurales habituellement associées aux forêts anciennes (ex. : présence d'arbres moribonds et morts, sur pied et au sol, à divers stades de décomposition, et couvert multistrate, inéquienne) sont acquises lorsque les arbres dominants et codominants des associations d'essences typique de fin de succession dans la RFA ont atteint en moyenne environ 150 ans. Le peu qui reste des forêts anciennes est sous la forme de petits peuplements isolés, qui se trouvent dans des gorges abruptes inaccessibles pour la récolte ou dans des sites protégés ou ayant pour une raison quelconque échappé à la récolte. Les forêts se caractérisant par la dominance d'essence à longue durée de vie, tolérant relativement bien l'ombre, comme l'érable à sucre (Acer saccharum Marsh.), le hêtre (Fagus grandifolia Ehrh.), la pruche du Canada (Tsuga canadensis (L.) Carr.) et l'épinette rouge (Picea rubens Sarg.), et par la présence d'une composante importante de pins blancs (Pinus strobus L.) et de bouleaux jaunes (Betula alleghaniensis Britt.) représentent souvent les derniers stades du développement des peuplements forestiers. De telles forêts peuvent être considérées comme l'archétype de la forêt ancienne dans la RFA. Les forêts dominées par des mélanges de ces essences ont tendance à se régénérer naturellement en profitant des trouées faites dans le couvert par des perturbations de petite échelle (chute d'un arbre ou d'un petit groupe d'arbres), plutôt qu'à la suite des perturbations catastrophiques entraînant le remplacement des peuplements, comme c'est souvent le cas dans les forêts boréales. Nos objectifs étaient les suivants : (i) décrire et délimiter certains vestiges des forêts anciennes de la RFA; (ii) offrir quelques perspectives concernant leur rôle pour la conservation de la biodiversité; (iii) fournir des données de base pour l'élaboration de stratégies de conservation, d'aménagement et de restauration. D'après les inventaires des ressources forestières, à paine 1-5 % du couvert forestier actuel des Maritimes aurait plus de 100 ans, mais le pourcentage de la vériable forêt ancienne serait bien moindre selon nos relevés préliminaires sur le terrain. En nous fondant sur les patrons attendus de la succession écologique, de la dynamique des perturbations et du développement des peuplements créés par une perturbation catastrophique naturelle survenant à des intervalles d'environ 1000 ans et en nous appuyant sur les révélations des études géologiques concernant le couvert forestier avant la colonisation européenne, nous avons estimé que jusqu'à 50 % du paysage forestier maritime pouvait être dominé par des forêts anciennes, de fin de succession, pendant les 4000-5000 ans qui ont précédé la colonisation européenne. De récentes études génétiques permettent de croire que ces forêts anciennes étaient probablement riches en diversité génétique et pouvaient offrir ce dont avaient besoin les essences qui les composaient pour s'adapter aux changements environnementaux (climatiques) qu'à connu le continent nord-américain pendant les deux derniers millions d'années de son histoire glaciaire.