Publications du Service canadien des forêts

Land use history, plant rarity, and protected area adequacy in an intensively managed forest landscape. 2002. MacDougall, A.S.; Loo, J.A. Journal for Nature Conservation 10: 171-183.

Année : 2002

Disponible au : Centre de foresterie de l'Atlantique

Numéro de catalogue : 21141

La langue : Anglais

Disponibilité : PDF (demande par courriel)

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Résumé

Pour évaluer la représentation de la biodiversité par les aires protégées et établir les priorités concernant les éléments non représentés, on utilise surtout l'information biologique. Les facteurs socio-économiques (ex. : utilisation des terres, propriété) sont moins pris en considération même s'ils influent sur la distribution de la biodiversité et la mise en place des réserves. Dans les régions où la protection est faible, ils pourraient constituer des critères plus sensibles aux fins de la priorisation des éléments non protégés en fonction du risque auxquels ils sont exposés : les priorités biologiques sont nombreuses, mais elles ne sont pas toutes menacées par les utilisations des terres. Dans une région aménagée intensivement du Nouveau-Brunswick, au Canada, nous avons évalué la représentation de la biodiversité à l'échelle de l'écosystème et classé les éléments non protégés par ordre de priorité en appliquant une combinaison de critères biologiques et socio-économiques. Les données biologiques considérées sont la distribution et la rareté des plantes jugées en péril. Les données socio-économiques utilisées décrivent l'intensité de l'utilisation des terres. Les unités d'écosystème ont été représentées par des polygones de petite échelle délimités en fonction de gradients topographiques et édaphiques. Nous avons posé les questions suivantes : 1) Dans quelle mesure les unités renfermant des points chauds pour des plantes rares sont-elles bien protégées? 2) Dans le cas des unités non protégées, quelle est l'importance relative du risque lié à l'utilisation des terres? Sur 28 écosystèmes, 19 ont été jugés insuffisamment protégés. D'après la combinaison des critères de classement employés, le risque n'est pas le même partout. Les unités abritant des points chauds pour des plantes rares où le risque est plus élevé présentent les caractéristiques suivantes : sol fertile, pentes douces ou basses terres, propriété privée et activité agricole dominante. Des concentrations de plantes rares se trouvent dans des forêts relictuelles très isolées. Les unités à faible risque se caractérisent comme suit : sol infertile, drainage médiocre ou topographie accidentée, et propriété publique ou industrielle (industrie forestière); certaines renferment des plantes rares, mais elles sont bien protégées. Plusieurs unités non protégées et perturbées n'ont pas été considérées à risque élevé en raison des incohérences des données biologiques et de la pondération des critères de classement. Les problèmes de ce genre, communs dans les analyses de la représentation, ont été mis en évidence par notre utilisation de critères multiples de classement; les unités en cause devront faire l'objet d'une analyse du risque supplémentaire. Nos résultats indiquent que la transformation d'habitats et la propriété surtout privée rendront difficile la protection des écosystèmes soumis à un risque élevé. Parallèlement, les impacts socio-économiques, associés à la foresterie, semblent moins toucher les écosystèmes considérés aujourd'hui plus prioritaires. Le suivi des changements de la pression socio-économique peut permettre d'anticiper les impacts futurs sur la biodiversité que ne font pas ressortir les évaluations reposant sur les espèces actuellement en péril.