Recherche sur les répercussions environnementales possibles des arbres génétiquement modifiés

La possibilité d'intégrer le génie génétique aux stratégies traditionnelles d'amélioration des arbres et d'utiliser un jour des arbres génétiquement modifiés (AGM) a suscité un intérêt considérable en raison de la possibilité d'améliorer la résistance aux ravageurs et les caractères sylvicoles. Cependant, en dépit du fait que ces AGM soient destinés à n'être utilisés que dans des plantations d'arbres réglementées, des questions se posent aussi quant à l'impact que pourraient avoir de tels arbres sur les écosystèmes forestiers et la politique de gestion des forêts.

Le SCF a été le précurseur de ces recherches en 1997 en lançant le premier essai en champ d'AGM (des peupliers) au Canada et a manifesté de nouveau son leadership en 2000 en effectuant un autre essai (avec l'épinette transgénique). Ces essais confinés en champ d'AGM étaient uniques au Canada et ont pris fin en mai 2007. Dans l'ensemble, ce travail a débouché sur plusieurs conférences et présentations aux médias et notre travail est devenu l'une des meilleures études de cas d'essai en champ de conifères. L'objectif à long terme de ce projet était d'évaluer la stabilité de l'expression transgénique dans des conditions naturelles et d'évaluer les répercussions possibles des AGM sur l'environnement. Plusieurs articles évalués par des pairs concernant les répercussions environnementales possibles des AGM, comme les conifères possédant des gènes de résistance aux ravageurs, ont été publiés dans des revues scientifiques. Un autre projet basé sur l'utilisation des outils de la génomique a été lancé à l'été 2006. Pour ce projet, un grand nombre de lignées de peuplier dans lesquelles des gènes ont été insérés au hasard (activation par insertion) sont mises à l'essai à notre station de recherche de Valcartier. Au moyen de cette nouvelle approche, nous en apprendrons plus sur les gènes qui influencent la qualité et la quantité de la biomasse produite chez le peuplier. Cette recherche porte entre autres sur l'adaptation aux changements environnementaux (abiotiques et biotiques) et l'analyse liée aux propriétés bioénergétiques des arbres.

Grâce à la mise au point récente de nouveaux outils de génomique, une nouvelle génération d'AGM qui risque moins d'avoir des répercussions sur l'environnement devrait émerger. Les nouveaux AGM acquerront des caractères des essences domestiquées (comme la qualité du bois et la résistance aux ravageurs) non pas par un transfert latéral traditionnel d'unités génétiques distinctes, comme dans le cas de l'endotoxine du B.t., mais grâce à des gènes fonctionnels de plante qui contrôlent des caractères complexes. Étant donné que ce sont principalement des gènes de plante qui seront utilisés pour obtenir de nouveaux caractères, ces AGM obtenus devraient vraisemblablement avoir un impact réduit sur l'environnement. De plus, il est peu probable que les nouveaux caractères des essences domestiquées aient un effet sur l'adaptation ou l'avantage écologique en général.

Dans l'ensemble, il importe de fournir des données de recherche sur l'impact potentiel des AGM afin de répondre aux préoccupations de la société concernant les AGM. Il faut aussi donner aux représentants canadiens qui participeront à des réunions sur la Convention sur la diversité biologique l'occasion de présenter des faits scientifiquement établis pour mieux appuyer la prise de décisions. Au cours de la dernière décennie, nous avons participé à plusieurs ateliers organisés par l'Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) et avons joué un rôle clé dans la formulation de commentaires sur la procédure réglementaire sur les AGM.

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