Coupes sélectives

La parité du dollar canadien avec le dollar américain pourrait persister

6 February 2013

Une grande partie des exportations de produits ligneux du Canada est destinée aux États-Unis et le reste est échangé en dollars américains. Pour cette raison, le secteur forestier est très sensible au taux de change du dollar canadien par rapport au dollar américain. Le dollar canadien s’est apprécié d’environ 56 % depuis décembre 2002, si bien que les exportateurs canadiens peuvent se demander s’il continuera de grimper.

La corrélation remarquable qui existe entre le prix du pétrole et l’appréciation du dollar canadien depuis 2002 (voir le graphique ci-dessous) a amené certains analystes à considérer le huard comme une « pétrodevise ». Si tel était le cas, les projections à long terme des cours mondiaux du pétrole [1 Mo PDF] (seulement en anglais) indiqueraient des taux de change bien au-dessus de la parité pendant une longue période (voir le graphique).

Taux de change ($ É.-U. / $ CAN) en fonction du cours du pétrole brut (en dollars en 2008)

 Le taux de change du dollar canadien par rapport au dollar américain est représenté en fonction du prix du pétrole (moyenne simple de trois prix du disponible : Dated Brent, West Texas Intermediate et Dubai Fateh) en $US/baril. Une ligne de tendance superposée montre la relation positive qui explique près de 85 % des variations du taux de change depuis 2002. À noter qu’au-dessus d’un prix du pétrole de 80 $US/baril, la courbe s’aplatit et l’augmentation du prix du pétrole n’entraîne plus un accroissement du taux de change.

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Toutefois, il est clair, même sur ce graphique simplifié, que la relation directe entre le cours du pétrole et le taux de change $ CAN/$ É-U ne révèle pas toute la situation. Lorsque les prix sont bas, la valeur du dollar canadien augmente selon la hausse du cours du pétrole, mais à partir 80 $ É-U le baril environ, il y a rupture de la relation, et le dollar canadien oscille autour de la parité.

Une synthèse des opinions des analystes des banques (p. ex., la TD Economics [706 ko PDF] Seulement en anglais), des centres d'études et de recherches (p. ex., MacDonald Laurier [73.4 ko PDF] Seulement en anglais), des universitaires (p. ex. Ivey Business Journal Seulement en anglais) et de la Banque du Canada elle-même est instructive : le dollar canadien s’est apprécié, en partie parce qu’il repose sur des prix de produits de base plus élevés (énergie), mais aussi, et surtout, en raison de la faiblesse du dollar américain. Dernièrement, les afflux de capitaux des investisseurs étrangers qui voient le Canada comme un refuge ont beaucoup contribué à l’appréciation du dollar canadien, malgré de prix des produits de base plus faibles. Le dollar canadien ne semble pas être une pétrodevise en fin de compte.

La synthèse des prévisions des principaux analystes indique que le huard pourrait commencer à se déprécier, mais vraisemblablement pas avant 2015. Entre-temps, il se maintiendra aux alentours de la parité. Cela signifie que certaines difficultés persisteront du côté des rentrées, car les prix payés en dollars canadiens aux producteurs canadiens de produits ligneux demeureront réduits. Cependant, le bon côté de la chose est qu’un dollar fort s’accompagne généralement de meilleures possibilités d’investissement en capital ou d’acquisitions étrangères dont les entreprises pourraient bénéficier pour compenser certaines des pertes associées à la tarification.