Habitat
On trouve le frêne blanc de façon dispersée sur les sols riches, humides et bien égouttés, en compagnie de l’érable à sucre, du hêtre à grandes feuilles, du bouleau jaune, du tilleul d’Amérique, du noyer cendré et de certaines espèces de conifères. Il tolère une certaine quantité d’ombre lorsqu’il est jeune, mais a besoin, plus tard, d’un bon accès à la lumière pour maintenir sa place au sein du peuplement.
Forme
Le frêne blanc peut atteindre jusqu’à 23 m de hauteur, et le diamètre de son tronc peut mesurer jusqu’à 70 cm. Habituellement, le tronc est long et droit lorsque l’arbre appartient à un peuplement, et il porte un houppier élevé, étroit et pyramidal constitué de branches ascendantes et de branches plus basses qui s’inclinent vers l’extérieur puis vers le haut. Lorsque l’arbre est dégagé, le houppier est beaucoup plus profond et sa forme est de grossièrement pyramidale à arrondie.
Morphologie
Les feuilles sont caduques, composées pennées, de 15 à 40 cm de long et portées en paires, chaque paire formant un angle droit par rapport à la précédente. Chaque feuille possède cinq, sept ou neuf folioles, sept étant le nombre le plus fréquent. Les folioles sont pédonculées, de 6 à 15 cm de long, d’ovales à lancéolées, avec des bordures ondulées ou légèrement dentelées; elles sont habituellement glabres de même que le pétiole et le rachis. À l’automne, le feuillage du frêne blanc devient fréquemment violacé, ce qui rend l’arbre distinctement visible parmi les autres. Les feuilles ne tombent pas d’un coup ; les folioles s’en détachent et tombent une à une.
Les ramilles sont vigoureuses, de violacées à gris foncé, un peu luisantes, et portent des lenticelles dispersées qui ne saillent pas de leur surface glabre. Les bourgeons sont brun foncé à brun rougeâtre et duvetés. Le bourgeon terminal est arrondi et présente la forme d’un dôme à quatre faces; la paire de bourgeons latéraux la plus élevée est située très près de lui. Les bourgeons latéraux sont plus petits, arrondis ou à pointe arrondie, et chacun d’eux est situé dans une entaille en forme de V dans le bord supérieur d’une cicatrice foliaire en U qui laisse apparaître une ligne de minuscules cicatrices vasculaires en forme de U.
Les fleurs sont portées à partir des bourgeons latéraux en grappes étendues à ramifications opposées, les fleurs mâles étant plus compactes que les fleurs femelles durant la floraison. On trouve les grappes de fleurs mâles et de fleurs femelles sur différents arbres, de sorte que c’est seulement sur les arbres femelles que les fleurs se transforment pour produire des fruits. Les fruits, de 25 à 40 mm de longueur, contien-nent chacun une poche de graines en forme de saucisse. Une aile aplatie et arrondie en ellipse s’étend près de l’extrémité de la poche de graines.
L’écorce jeune est lisse et grise. Lorsqu’elle prend de l’âge, elle devient finement et également sillonnée par des crêtes minces, fermes, quelque peu arrondies et gris clair qui tendent à se recouper comme des losanges.
Remarques
Le bois brun clair à zone poreuse du frêne blanc est lourd, dur, solide, résistant et habituellement à grain droit. Il supporte bien la flexion. Ces caractéristiques le rendent propre à la fabrication des raquettes, des équipements sportifs, des manches d’outils et des meubles, particulièrement lorsque la résistance est nécessaire.
Il ne fait aucun doute que le frêne peut être affecté par la sécheresse ou les conditions environnantes, mais l’un des principaux facteurs qui touchent son état de santé est la présence de la rouille du frêne (Puccinia sparganioides) dont les hôtes de relais sont Spartina ssp. (Spartine pectinée ou ammophile) communs dans les marins salés côtiers et les marais d’eau douce. La rouille peut s’établir sans qu’on la remarque sur les ammophiles des environs et, lors d’une année favorable, causer des dommages graves aux frênes situés à proximité, notamment les frênes blancs. On a rapporté que les spores qui proviennent des ammophiles des marais peuvent, dans des conditions favorables, infecter des frênes dans un rayon pouvant aller jusqu’à 48 kilomètres. Les frênes sévèrement touchés semblent roussis, et l’infection des ramilles, des pétioles et des feuilles peut entraîner la défoliation de l’arbre. Les infections sévères répétées peuvent entraîner la mort des grandes branches et conduire à la mort de l’arbre.
Les descriptions morphologiques doivent être comparées à celles des deux autres espèces de frênes, le frêne noir et le frêne rouge, car certaines de leurs caractéristiques sont en apparence similaires. Les seules autres espèces que l’on peut rencontrer qui arborent des feuilles composées pennées portées en paires opposées sont les espèces d’arbres introduites telles que l’érable du Manitoba (Acer negundo L.) et deux arbustes de sureau indigène (le sureau commun, Sambucus canadensis L. et le sureau à baies rouges, Sambucus pubens Mich.). Ces espèces présentent d’autres caractéristiques qui ne correspondent pas du tout à celles des espèces de frênes.