Coupes sélectives

Soutenir la commercialisation de la technologie dans le secteur forestier

6 août 2013

En 1962, Kenneth Arrow, économiste lauréat du prix Nobel, a énoncé l’observation selon laquelle « nous nous attendons à ce qu’un système de libre entreprise sous-investisse dans l’invention et la recherche (par rapport à un système idéal) parce qu’un tel investissement est risqué, que la mesure dans laquelle on peut s’approprier le produit est limitée et que le rendement est croissant à l’usage ». Ce commentaire original continue d’influencer les discussions sur la politique en matière d’innovation, mais il a été précisé, en particulier en ce qui concerne la commercialisation de la technologie. Dans la plupart des pays riches, des fonds publics sont souvent disponibles pour appuyer la recherche et le développement lorsqu’une technologie donnée passe du concept à la mise au point du prototype. Toutefois, quand vient le moment de créer une installation pilote ou de démonstration ou une première installation commerciale, le financement est généralement plus difficile à obtenir. Le financement disponible augmente ensuite de nouveau une fois que le potentiel commercial d’une nouvelle technologie a été pleinement démontré et qu’elle peut attirer des investisseurs privés. Cette lacune dans l’investissement disponible pour la démonstration et la mise en œuvre d’une technologie s’appelle habituellement la « vallée de la mort ».

La vallée de la mort dans le développement de la technologie

 Ce graphique linéaire montre les investissements disponibles pour le développement de la technologie à différentes étapes de la maturation de la technologie. Ils augmentent au cours des premières étapes mais diminuent aux étapes du projet pilote, de la démonstration et de la commercialisation avant d’augmenter à l’étape finale (réussite commerciale).

Dans le secteur forestier, l’effet de la vallée de la mort est particulièrement visible. Au Canada, il y a un système d’innovation bien développé pour les premières étapes du développement de la technologie dans les universités, à FPInnovations et dans certaines entreprises. Cependant, les coûts importants associés à la mise à l’échelle d’une technologie en vue de sa commercialisation (ce qu’il en coûte pour la sortir du banc de montage ou du laboratoire) accroissent le risque de l’investissement à cette étape. Dans les secteurs où les capitaux disponibles sont relativement limités, le fait que, sur cinq technologies qui parviennent à l’étape du projet pilote, quatre environ n’atteignent pas l’étape de la commercialisation rend de tels investissements peu attrayants pour la grande majorité des entreprises. Dans les secteurs soumis aux cycles des produits de base, les investissements sont rares au cours des mauvaises périodes et il y a de nombreuses possibilités d’investissement moins risquées au cours des bonnes périodes. Le secteur forestier est caractérisé par ces deux problèmes. Néanmoins, malgré ces difficultés, l’industrie et les gouvernements conviennent que l’avenir du secteur forestier canadien repose, entre autres, sur la commercialisation de nouvelles technologies qui a pour but de créer des produits à valeur ajoutée nouveaux à partir de la fibre de bois. En conséquence, le gouvernement fédéral a annoncé en 2010 le lancement d’Investissements dans la transformation de l’industrie forestière (ITIF), un programme de 100 millions de dollars sur quatre ans ayant pour but de fournir un financement dans la « vallée de la mort » et d’appuyer les premières applications commerciales des technologies prometteuses. En tirant parti de la réussite des investissements fédéraux antérieurs dans le système d’innovation du secteur forestier, ITIF fait en sorte que les technologies prometteuses continuent de s’acheminer vers la réussite commerciale.

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