Publications du Service canadien des forêts

Étude des menaces et des risques liés aux espèces exotiques envahissantes forestières. 2008. Krcmar, E. Ressources naturelles Canada, Service canadien des forêts, Centre de foresterie du Pacifique, Victoria, C-B. Rapport d'information BC-X-415. 52 p.

Année : 2008

Disponible au : Centre de foresterie du Pacifique

Numéro de catalogue : 32570

Langue : Français

Séries : Rapport d'information (CFP - Victoria)

Disponibilité au SCF : PDF (télécharger)

Résumé

L’introduction d’organismes exotiques dans de nouveaux habitats constitue l’un des plus importants dangers, à l’échelle mondiale, en matière de biodiversité des écosystèmes, et pose une sérieuse menace aux économies des quatre coins de la planète. Le Canada, en raison de ses vastes forêts et de son riche secteur forestier, est grandement vulnérable aux invasions d’espèces exotiques nouvelles ou déjà établies. Les répercussions, sur les forêts et le secteur forestier, des invasions d’espèces exotiques et les coûts inhérents peuvent se diviser en trois catégories : les répercussions environnementales, les pertes de bois dues à la réduction de la croissance et au taux de mortalité des arbres, et les coûts de gestion et d’éradication. La seule prévision existante, concernant les répercussions économiques potentielles sur le secteur forestier du Canada, présente une somme annuelle qui varie de 7,7 milliards à 20,1 milliards de dollars canadiens (Colautti et collab., 2006). Cette prévision de coûts, fondée sur l’historique d’autres secteurs en matière de dommages causés par des espèces exotiques, varie grandement en fonction du taux de perte utilisé; cependant, l’ordre de grandeur des coûts prévus, dans le secteur forestier du Canada, correspond aux prévisions du coût total des répercussions de l’intrusion d’espèces exotiques dans le secteur forestier des États-Unis, de l’Allemagne et de la Nouvelle-Zélande. Les répercussions de l’invasion d’espèces exotiques sont principalement locales et nationales, mais les causes de leur introduction et de leur dispersion sont régionales et internationales, et principalement favorisées par le commerce, le transport et le voyage. Parmi les voies d’introduction des espèces exotiques qui posent un danger pour les forêts, on compte le bois d’emballage, le commerce de produits de pépinière, ainsi que le commerce et le transport de produits du bois. Un examen des solutions de gestion a révélé que la prévention des introductions constitue le moyen de défense le plus efficace et économique contre les espèces exotiques. En plus du coût élevé des traitements d’éradication et de contrôle en foresterie, de nombreuses mesures de contrôle font l’objet de controverse au sein de la population. La prévention des introductions devrait comporter l’analyse du risque pour chacune des importations d’espèces exotiques ou de marchandises proposées. Une analyse des cadres institutionnels et des systèmes de réglementation actuels du Canada, des États-Unis, de l’Union européenne, de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande est en cours, puisque les États-Unis et l’Union européenne sont les plus importants partenaires commerciaux du Canada, et que l’Australie et la Nouvelle-Zélande sont des chefs de file mondiaux en matière de prévention et de contrôle des invasions d’espèces exotiques. À l’échelle mondiale, les politiques et les plans d’action nationaux reposent sur des conventions internationales, mais varient en raison des coûts associés à la prévention des introductions d’espèces exotiques et des inquiétudes relatives à la perturbation potentielle du commerce. Aux États-Unis, des outils de cartographie des régions propices aux introductions et à la dispersion facilitent la prévention et le contrôle des introductions de ravageurs et d’agents pathogènes dans les forêts. L’Australie et la Nouvelle-Zélande ont toutes deux établi des agences de biosécurité qui fournissent des analyses de risque et des politiques fondées sur la science afin de protéger leurs écosystèmes et leurs économies respectives contre les introductions d’espèces exotiques. En Australie et en Nouvelle-Zélande, les importateurs, le secteur forestier et les gouvernements nationaux et des États se partagent les coûts liés à l’inspection frontalière. Dans de nombreux pays, dont le Canada, les mesures actuelles de traitement des invasions d’organismes exotiques s’avèrent efficaces dans certains cas, mais ne réussissent pas à régler le problème dans son ensemble. On propose plusieurs mesures afin d’augmenter la protection du secteur et des écosystèmes forestiers du Canada contre les dommages éventuels causés par ces espèces : (1) une application rigoureuse des règlements existants; (2) l’affectation de fonds à la recherche, à l’application et à la sensibilisation du public; (3) une affectation rentable des ressources limitées à des options de gestion différentes; (4) la collaboration et le partage de renseignements entre les différents secteurs ainsi qu’entre les organismes gouvernementaux et non gouvernementaux; (5) l’utilisation de modèles existants et l’adaptation de protocoles d’évaluation du risque; (6) une analyse du risque fondée sur la « liste blanche » et la « liste noire » des espèces; (7) l’élaboration de programmes d’éducation et de sensibilisation visant à mieux informer la population canadienne du problème relatif aux invasions d’espèces exotiques.

Également disponible sous le titre :
An examination of the threats and risks to forests arising from invasive alien species (Anglais)

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