Publications du Service canadien des forêts

L’impact potentiel des ravageurs forestiers exotiques en Amerique du Nord : synthèse de la recherche. 2000. Krcmar-nozic, E.; Wilson, W.R.; Arthur, L. Natural Resources Canada, Canadian Forest Service, Pacific Forestry Centre, Victoria, BC. Rapport d'information BC-X-387F. 35 p.

Année : 2000

Disponible au : Centre de foresterie du Pacifique

Numéro de catalogue : 18423

Langue : Anglais

Séries : Rapport d'information (CFP - Victoria)

Disponibilité au SCF : PDF (télécharger)

Résumé

Les nuisibles exotiques sont définis comme étant les espèces animales et végétales qui s’étendent au-delà de leur aire de distribution naturelle et qui ont des effets négatifs combinés sur l’économie, l’écologie et les collectivités d’une région. Une invasion de nuisibles exotiques met en jeu les étapes suivantes : introduction, établissement et propagation. Les espèces exotiques qui réussissent à s’établir et à se propager ne sont pas toutes nuisibles. En fait, un grand nombre de celles-ci font partie intégrale de l’économie et des écosystèmes de l’Amérique du Nord : des espèces exotiques introduites intentionnellement sont à la base de plus de 90 pour cent de la production d’aliments pour les humains et pour les bestiaux. La probabilité qu’une espèce exotique devienne nuisible localement est relativement faible. L’établissement d’un organisme introduit dans un nouvel habitat dépend d’une interaction complexe entre plusieurs facteurs, notamment le nombre d’organismes introduits, leur adaptabilité, la qualité de l’habitat et le niveau de compétition (prédation, maladies, etc.). Bien qu’il soit peut probable qu’une espèce exotique parvienne à se propager sur une grande échelle, certaines espèces peuvent devenir suffisamment nuisibles pour engendrer des impacts négatifs importants. On estime que plus de 300 insectes parasites des arbres et originaires d’Europe sont maintenant établis en Amérique du Nord. Les auteurs d’une vaste étude entreprise aux États-Unis estiment que plus de 4 542 espèces exotiques ont été introduites aux É.-U. et que 15 % de ces espèces affectent sensiblement les récoltes, les forêts, la santé publique et les réserves naturelles. L’incidence financière des nuisibles exotiques dans les forêts des États-Unis a été estimé à 123 milliards $US par an et les pertes annuelles en bois à 4 milliards $US. Bien qu’aucune étude d’impacts n’ait été effectuée au Canada, on estime que les pertes domestiques annuelles en bois, tous nuisibles forestiers confondus (exotiques et indigènes), se chiffrent à 61 millions m3 ou un tiers de la récolte commerciale annuelle, soit une perte financière annuelle d’environ 720 millions $ en droits de coupe, redevances et revenus locatifs. L’effet des espèces exotiques sur les écosystèmes englobe notamment le déplacement et le remplacement des espèces indigènes, l’élimination potentielle de certaines essences (p. ex. l’orme d’Amérique et le châtaignier d’Amérique), et la menace d’une pression sur les espèces rares ou en danger. Les écosystèmes peu diversifiés, comme ceux des forêts boréales, sont relativement plus susceptibles de subir une invasion exotique. Les forêts attaquées par des nuisibles et qui perdent leurs arbres n’offrent plus qu’une nourriture et un habitat réduits à la faune. Leurs caractéristiques sont altérées et l’effet se fait sentir sur le cycle des nutriments, l’hydrologie locale et le régime des incendies. Au niveau social, les nuisibles exotiques peuvent nuire à la santé publique et à la crédibilité du gouvernement, conduire à la perte de valeurs esthétiques et spirituelles, affecter l’image que se fait le public de la foresterie, nuire au soutien éventuel que la population accorde à cette industrie, et enfin déstabiliser l’emploi, les collectivités et les relations internationales. L’échelle et la nature du commerce international influent directement sur la propagation des espèces exotiques. L’augmentation des échanges de produit s et l’émergence de nouveaux partenaires augmentent ainsi le risque de transmission de ces espèces. Ce risque est renforcé par la vitesse des moyens de transport modernes, l’utilisation de conteneurs, de livraison point à point par transports combinés et l’utilisation de matériaux d’emballage « verts ». Le tourisme, autre source d’échanges commerciaux et d’introduction de nuisibles exotiques, s’est considérablement étendu et inclut aujourd’hui de nombreuses régions autrefois isolées. Toute importation de matière vivante ou non traitée (eau, terre, air, bois, personnes, etc.) constitue une source potentielle d’introduction de nuisibles exotiques. Le Canada est particulièrement vulnérable aux transmissions de nuisibles exotiques par voie de commerce parce que les États-Unis, notre principal partenaire commercial, sont aussi les plus gros importateurs du monde. Le risque est augmenté par l’intégration relative des écosystèmes des deux pays. Les nuisibles exotiques menacent le maintien de certains liens commerciaux et sont responsables de l’annulation de marchés d’exportation. Les possibilités de contrôle et d’éradication des nuisibles exotiques sont de plus en plus limitées ou supprimées en réponse à l’information croissante sur leur efficacité, aux dommages collatéraux subis par les autres organismes et au soutien décroissant du public. Les mesures possibles comprennent l’utilisation d’appâts et d’attractifs, de pesticides fumigènes, de répulsifs, de pièges, de poisons et d’agents biologiques ainsi que la distribution de primes pour la destruction des nuisibles, l’exploitation commerciale de ces derniers et l’élimination mécanique. Vu l’incidence croissante des nuisibles exotiques, l’étendue des dommages prévisibles et le nombre limité de possibilités de contrôle, il est crucial de mettre en place un effort international visant à réduire le risque de transmission de ces organismes à la source afin d’en contrôler efficacement la propagation. Un tel effort nécessitera une collaboration internationale, des capitaux pour soutenir la mise en place de contrôles chez les nouveaux exportateurs, de mesures de surveillance et d’un système de pénalités pour les infractions aux règlements. Le Canada possède un certain nombre de barrières naturelles à la propagation des nuisibles exotiques, notamment son climat, sa superficie et sa topographie. Il est toutefois important que la structure institutionnelle soit révisée de manière à complémenter ces barrières naturelles.

Également disponible sous le titre :
The potential impacts of exotic forest pests in North America: a synthesis of research. (Anglais)

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