Publications du Service canadien des forêts

Heat disinfestation of mountain pine beetle-affected wood. 2007. Uzunovic, A.; Khadempour, L. Natural Resources Canada, Canadian Forest Service, Pacific Forestry Centre, Victoria, B.C. Mountain Pine Beetle Initiative Working Paper 2007-14. 23 p.

Année : 2007

Disponible au : Centre de foresterie du Pacifique

Numéro de catalogue : 26792

Langue : Anglais

Séries : Mountain Pine Beetle Working Paper (CFP - Victoria) *

Disponibilité au SCF : Commander une copie papier (gratuite), PDF (télécharger)

Résumé

Au Canada, la loi oblige les exportateurs de bois de grume et de bois de sciage à appliquer des traitements phytosanitaires approuvés. Le traitement thermique à 56 degrés Celsius pendant au moins 30 minutes dans un séchoir ou dans une enceinte de chauffage (méthode 56/30) est le procédé le plus couramment utilisé dans le cas du bois de sciage; cette méthode est également acceptée à l'échelle internationale pour le traitement des emballages en bois afin d'éradiquer les ravageurs qui posent problème. À l'origine, cette combinaison temps/température a été mise au point pour éradiquer le nématode du pin et ses insectes vecteurs. Sur le marché, on a soulevé des questions concernant l'efficacité de ce traitement dans le cas des maladies fongiques et, plus récemment, dans le cas des maladies fongiques associées au pin tordu attaqué par le dendroctone du pin ponderosa. Dans le cadre de ce projet, on a examiné l'efficacité de plusieurs combinaisons temps/température; on a notamment cherché à déterminer si la méthode 56/30 permet de détruire une sélection de champignons associés au dendroctone du pin ponderosa, dont les champignons du bleuissement (9 (neuf) isolats), des champignons de l'espèce Ambrosiella (3 (trois) isolats) et des champignons causant la pourriture de l'aubier (6 (six) isolats). Chaque isolat a été répliqué six fois dans le cas de toutes les combinaisons temps/température. Parallèlement, nous avons testé du bois de pin de ponderosa naturellement infesté; l'examen a permis de confirmer que ce bois était colonisé par un mélange de champignons du bleuissement, de champignons de carie et de champignons de moisissure. Le protocole de traitement thermique a été élaboré dans le cadre d'une collaboration internationale et comportait l'immersion dans des bains d'eau chauffée d'échantillons de bois ou de fioles de verres (gélose en pente) contenant des champignons de culture; les échantillons ou les fioles ont été maintenus immergés pendant un laps de temps déterminé, après lequel on a essayé de raviver les champignons. En outre, ce projet visait à déterminer dans quelle mesure le séchage à l'air et le vieillissement du bois réduisent la viabilité des champignons incorporés et si le séchage lent rend les champignons plus résistants à la chaleur.

Le séchage du bois à l'air pendant une période de 4 mois au maximum (jusqu'à un degré d'humidité d'équilibre de 15 %) était insuffisant pour éradiquer les champignons présents dans le bois et ne peut être considéré comme une méthode d'éradication des maladies fongiques. Certains réplicats ayant montré moins de tolérance à la chaleur lors des essais en gélose inclinée, il faudrait utiliser du bois pour effectuer ce genre d'essais, étant donné qu'il permet de mieux représenter une situation réelle. Les données ont montré que la méthode 56/30 tue la plupart des champignons inoculés cultivés sur gélose, les champignons contenus dans les échantillons de bois testés et les champignons présents naturellement dans les supports de croissance attaqués par le dendroctone du pin ponderosa. Aucun des champignons de bleuissement et des champignons de carie présents dans l'aubier d'arbres infestés par le dendroctone du pin ponderosa n'a survécu au traitement 56/30; toutefois, certains champignons ont survécu dans les essais effectués sur des cultures pures. Tous les isolats et tous les réplicats de cinq des espèces soumises aux essais ont été tués par la méthode 56/30; toutefois, un champignon causant la pourriture de l'aubier (Phellinus chrysoloma) et quelques réplicats du champignon de bleuissement O. montium ont survécu à ce traitement (4 sur 12). Tous les champignons O. montium ont été tués par le traitement 56/60, et les champignons P. chrysoloma, par le traitement 61/30. Ces résultats devraient être considérés comme la pire éventualité, étant donné que la température a été augmentée rapidement jusqu'à la valeur cible et diminuée avec rapidité après le laps de temps prévu. Dans le cas des traitements thermiques commerciaux, la tendance inhérente aux programmes des séchoirs de dépasser la température cible ainsi que les propriétés isolantes du bois expliquent les températures plus élevées et leur maintien plus long.

Le traitement thermique effectué après le séchage du bois à l'air a montré que certains champignons développaient une tolérance à la chaleur si l'on permettait une dessiccation lente; toutefois, les preuves à cet égard étaient limitées. Dans des cultures pures, 19,0 % des réplicats (8 sur 42 testés) ont survécu au traitement 56/30 après un séchage à l'air de 90 jours. Par comparaison, le taux de survie a été de 0 % dans le cas du traitement thermique immédiat et du traitement thermique après 15 jours et 40 jours de séchage à l'air. Dans le cas du bois infesté naturellement, aucun champignon de carie ou champignon de bleuissement n'a survécu au traitement 56/30, sans tenir compte du séchage à l'air préalable; toutefois, certaines moisissures communes agressives (par ex., Trichoderma spp) ont montré une hausse significative de la tolérance à la chaleur et de la capacité de captage des ressources, ce qui empêchait d'isoler d'autres champignons. Nous suggérons que dans une situation réelle où le traitement 56/30 parvient à éradiquer les champignons, ces moisissures saprophytiques agressives (qui sont également utilisées couramment comme agents de lutte biologique) l'emporteraient sur les champignons de bleuissement ou les champignons de carie survivants et affaiblis, réduisant ainsi les chances que ceux-ci survivent et puissent s'établir dans un pays importateur.

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