La menace que présente le dendroctone du pin ponderosa sur la forêt boréale canadienne

Où est ce dendroctone maintenant?

Le dendroctone du pin ponderosa (DPP) est un insecte indigène de l’Amérique du Nord, qui attaque les forêts de pins de l’Ouest du continent.

L’infestation actuelle de DPP a débuté en Colombie-Britannique au début des années 1990. L’insecte a depuis tué environ 50 % du volume total des pins tordus latifoliés qui ont une valeur commerciale dans la province. Bien que de nouvelles infestations aient été signalées dans le Centre de l’Alberta dès 1997, ce sont les vents violents de 2006 qui ont transporté un grand nombre d’individus de ce ravageur dans la province depuis la Colombie-Britannique.

Aujourd’hui, le DPP se trouve bien au-delà de son aire de répartition historique, qui s’étend maintenant jusqu’à la forêt boréale du Nord et de l’Est de l’Alberta. Ne se limitant plus à ravager le pin tordu latifolié, ce nuisible se reproduit maintenant aussi sur le pin gris, qui constitue l’espèce de pin dominante dans la forêt boréale.

Carte de déplacement du dendroctone du pin ponderosa en Colombie-Britannique et en Alberta (2002–2011)
Vecteurs de déplacement annuel
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Quels facteurs agissent sur la propagation du dendroctone?

Les scientifiques s’attendent à ce que le DPP continue à élargir sa répartition géographique et pénètre dans la forêt boréale et les pinèdes de l’Est du Canada. Plusieurs facteurs détermineront la mesure dans laquelle cette propagation se produira, entre autres :

  • Conditions climatiques favorables à l’infestation – Les hivers plus doux et les étés plus chauds contribuent à l’accroissement du taux de survie et de l’étendue de la zone que peut infester le DPP.
  • Vulnérabilité des peuplements de pinèdes boréales à l’infestation – Les pinèdes de la forêt boréale sont typiquement moins denses que les forêts de pins tordus latifoliés de la C.-B. et les arbres les constituant sont plus petits. Ces caractéristiques de peuplement devaient en principe empêcher la propagation et l’établissement du DPP dans la forêt boréale, mais de nouvelles données probantes de détection et de surveillance permettent de penser que cela peut ne pas être le cas : les peuplements boréaux peuvent constituer des hôtes plus convenables que ce que l’on croyait.
  • Efficacité des mesures de lutte contre les ravageurs forestiers – Les mesures de lutte en cours réduisent les populations du DPP et aident à ralentir sa propagation, mais la superficie forestière attaquée par ce ravageur continue d’augmenter.

Que font les instances gouvernementales pour ralentir la propagation du dendroctone?

Les provinces et territoires infestés exécutent leurs propres programmes de détection du DPP et de lutte contre ce ravageur. Leurs efforts incluent des travaux de détection dans de nouveaux secteurs, l’abattage et le brûlage d’arbres infestés ou l’abattage d’arbres dans les peuplements touchés avant que la valeur commerciale du bois soit perdue ou réduite.

Il reste que la forêt boréale est un nouveau milieu pour ce ravageur et de nombreuses questions — par exemple à quelle vitesse les populations se propageront et quels seront leurs impacts sur les valeurs écologiques, économiques et sociales des forêts — restent sans réponse. Les recherches menées par le Service canadien des forêts et d’autres agences visent à acquérir une meilleure compréhension de l’écologie et de la dynamique des populations du DPP dans ce nouveau milieu. Armés de cette information, les gestionnaires des forêts seront plus en mesure d’évaluer la menace que pose ce ravageur sur les forêts du Canada et de déterminer des mesures d’atténuation et d’adaptation possibles.