Superficies forestières perturbées par les incendies, les insectes, les maladies et la récolte
Pourquoi cet indicateur est-il important?
Les forêts se modifient constamment, parce qu’elles sont constamment soumises aux perturbations naturelles comme les incendies, les attaques d’insectes et les maladies. Les perturbations naturelles présentent une part importante du processus de renouvellement des forêts.
Les forêts subissent aussi l’activité industrielle comme l’exploitation forestière, l’aménagement de routes, l’exploitation pétrolière et gazière et d’autres activités humaines.
Les forestiers étudient les perturbations d’origine naturelle et humaine afin de mieux comprendre l’évolution des écosystèmes forestiers. Ils tiennent aussi de plus en plus compte des phénomènes naturels pour guider la planification de la récolte, en s’efforçant de faire en sorte que leurs pratiques facilitent la régénération naturelle et le rétablissement de la productivité des écosystèmes après une récolte.
Qu’est-ce qui a changé?
Incendies
En 2011, on a signalé 4 608 incendies forestiers au Canada, ce qui équivaut approximativement aux deux tiers de la moyenne décennale précédente (2001–2010). La superficie brûlée en 2011 (2,6 millions d’hectares) était également de 15 % inférieure à la moyenne sur 10 ans.
La saison des feux 2010 a été exceptionnellement intense : elle a dévasté deux fois la superficie moyenne brûlée annuellement. Les conditions plus sèches que la moyenne se sont maintenues à l’automne, l’indice de sécheresse (un indice national qui reflète l’état de sécheresse des strates forestières sous-jacentes) indiquant des conditions extrêmes dans une bonne partie de l’Ouest du Canada et des Territoires. Cependant, sous l’effet de La Niña, les chutes de neige et les précipitations ont été inhabituellement importantes dans une grande partie du Canada. Par conséquent, le printemps a été tardif en 2011, de sorte que les conditions de sécheresse ont été atténuées de beaucoup partout au pays, sauf en Colombie-Britannique, en Alberta et au Yukon.
Même si l’activité des feux a été inférieure à la moyenne en 2011, on a enregistré cette année-là plusieurs cas d’incendies graves, les plus mémorables s’étant produits en Alberta et en Ontario.
- De forts vents secs soufflant en rafales allant jusqu’à 70 kilomètres-heure combinés à un manque de précipitations ont créé des conditions alarmantes dans la plus grande partie du Nord de l’Alberta la fin de semaine du 14 et du 15 mai. Ces phénomènes ont causé l’incendie de Slave Lake, qui a dévasté plus de 400 domiciles dans cette communauté et causé plus de 700 millions de dollars de pertes assurables; ils ont aussi provoqué les incendies de Richardson Fires, qui se sont propagés sur plus de 500 000 hectares, une superficie qui a finalement représenté environ 20 % de la superficie totale brûlée au Canada en 2011.
- Pendant la saison des feux en Ontario en 2011, 1 334 incendies ont dévasté 635 373 hectares — la plus vaste superficie jamais brûlée en une année dans cette province (la moyenne sur 10 ans est de 1 109 touchant une superficie de 76 837 hectares). La plupart des incendies ont été déclenchés par la foudre au passage de tempêtes dans le nord et dans le sud de la province. En juillet seulement, 650 incendies ont brûlé 558 000 hectares.
Insectes
En 2010, environ 12,7 millions d’hectares de forêts comptaient des arbres tués par des coléoptères ou défoliés par d’autres insectes, ce qui est inférieur à la valeur enregistrée l’année précédente, soit 15,2 millions d’hectares.
De 1998 à 2011, le dendroctone du pin ponderosa a tué l’équivalent de plus de 710 millions de mètres cubes de pin en Colombie-Britannique, ce qui représente plus de 50 % du volume de pin d’importance commerciale dans la province.
Depuis que le dendroctone du pin ponderosa a envahi le Nord de l’Alberta en 2001, il a touché environ 1,3 million d’hectares de forêts dans cette province. Les efforts des autorités albertaines pour lutter contre cet insecte, de même que des conditions météorologiques défavorables pour la survie de l’insecte, ont permis de réduire de manière significative les populations de dendroctones dans le Sud et dans le Centre de l’Alberta. Toutefois, les populations de dendroctones continuent de croître et de s’étendre dans le Nord-Ouest de l’Alberta et le Nord-Est de la Colombie-Britannique, et se rapprochent de la frontière des Territoires du Nord-Ouest. Dans l’avenir, l’expansion des populations de cet insecte vers le nord et vers l’est dépendra d’une série de facteurs : sa capacité à survivre à l’hiver, son développement pendant la saison estivale, ses interactions avec les espèces d’arbres hôtes actuelles et nouvelles, l’aire de répartition des arbres hôtes vulnérables ainsi que l’efficacité des mesures de lutte.
Certaines infestations d’insectes sont cycliques, atteignant leur point culminant de façon périodique dans certaines régions du pays. Par exemple, les infestations de tordeuse des bourgeons de l’épinette se produisent à intervalles d’environ 35 à 40 ans dans l’Est du Canada. La dernière épidémie a couvert plus de 50 millions d’hectares dans les années 1970, puis a décliné à moins d’un million d’hectares à la fin des années 1990. Depuis ce temps, la population de cet insecte a connu des résurgences et des déclins dans différentes régions de la grande zone de distribution de la tordeuse au Canada.
Les aménagistes forestiers sont particulièrement inquiets des organismes nuisibles envahissants, en raison de l’incertitude qui plane sur l’impact des nouvelles espèces sur les écosystèmes existants. Par exemple, depuis qu’il a été détecté à Windsor en Ontario en 2002, l’agrile du frêne a détruit des millions de frênes dans certaines régions de l’Ontario et du Québec. L’insecte continue de se propager dans de nouvelles régions, causant des dommages économiques et écologiques considérables.
Maladies
À titre d’agents de perturbation des écosystèmes forestiers, les maladies (ou pathogènes forestiers) sont des facteurs importants de diversité — modelant la structure et les fonctions des forêts. Les pathogènes jouent aussi un rôle majeur dans la décomposition et dans le cycle du carbone dans les forêts canadiennes.
Les pathogènes forestiers indigènes ont évolué avec les communautés forestières naturelles pour atteindre un état d’équilibre. Cependant, ils peuvent toutefois devenir très destructeurs lorsque l’équilibre naturel est rompu par des activités d’aménagement forestier, par des changements dans le climat, par des incendies ou par des insectes.
Au Canada, par exemple, on sait que le pourridié-agaric causé par les espèces du genre Armillaria touche 203 millions d’hectares de forêts actuellement, et l’infection persiste longtemps chez presque toutes les essences. Des relevés du Douglas effectués en Colombie-Britannique et de l’épinette et du sapin baumier en Ontario ont révélé que l’infection par le pourridié-agaric augmentait régulièrement avec l’âge du peuplement, qu’il s’agisse de peuplements récoltés puis reboisés ou de peuplements naturels ayant été perturbés. Un autre exemple est la maladie du rond, qui touche maintenant un nombre croissant de peuplements forestiers et qui est présente dans des régions auparavant exemptes de cette maladie.
Plusieurs pathogènes forestiers envahissants exotiques sont également importants dans les forêts canadiennes; ils ont le pouvoir de menacer la survie de certaines essences. Par exemple, la rouille vésiculeuse du pin blanc a détruit de vastes peuplements de pins depuis son introduction au Canada, dans les années 1900. Un autre pathogène exotique, la race européenne du champignon qui cause le chancre scléroderrien dans les forêts de l’Ontario, du Québec et du Nouveau-Brunswick, est maintenant devenu un problème considérable à Terre-Neuve. Dans cette province, le champignon a réussi à pénétrer dans une zone de quarantaine établie dans la péninsule d’Avalon, et il menace les peuplements indigènes de pin rouge sur l’île.
Certains facteurs environnementaux, comme la sécheresse, la pollution atmosphérique, des températures extrêmes et des carences nutritives, peuvent causer directement des maladies ou rendre les arbres plus vulnérables aux attaques d’organismes pathogènes. Ainsi, le dépérissement continu et le déclin du peuplier faux-tremble dans l’Ouest du Canada, ainsi que dans le Nord de l’Ontario, ont été attribués aux effets combinés de la défoliation causée par les insectes, de pathogènes et d’épisodes de gel et de dégel.
Depuis 2009, les printemps plus doux et plus humides qu’a connus le Québec ont favorisé le développement de nombreuses maladies foliaires dans cette province, comme la brûlure en bandes brunes des aiguilles et la rouille suisse des aiguilles chez le pin blanc, la brûlure des pousses et la brûlure des aiguilles chez le sapin baumier, ainsi que l’anthracnose chez les érables et les chênes. Un phénomène semblable a été observé en Ontario, où les peupliers ont été affectés par les taches d’encre sur plus de 1 800 hectares de forêts dans le Nord de la province en 2009, ainsi que dans le Sud du Nouveau-Brunswick, où certains peuplements de pin rouge sont infectés par le champignon Sirococcus conigenus, qui cause la brûlure des pousses. Ces maladies foliaires ne mettent habituellement pas en péril la survie des arbres touchés, mais elles réduisent leur croissance.
Récolte
L’exploitation des forêts du Canada est essentiellement réglementée par les provinces et territoires.
Au Canada, la loi exige que tous les secteurs forestiers récoltés soient reboisés. De plus, bien des pratiques d’aménagement forestier sont conçues pour imiter des perturbations naturelles telles que les feux de forêt. Ces pratiques ont l’avantage de préserver les attributs naturels des forêts canadiennes et leur capacité d’adaptation au changement, compte tenu des facteurs économiques et sociaux liés à l’exploitation forestière.
En 2010, environ 688 000 hectares de forêts ont été récoltés sur les terres provinciales/territoriales, fédérales et privées, ce qui représente à peu près 0,18 % de toutes les forêts et autres terres boisées au Canada.
| Cause de la perturbation | Million d'hectares | Pourcentage de changements par rapport à l'année précedente |
|---|---|---|
| Superficie brûlée (2011) | 2,6 | -14,6 |
| Superficie défoliée par des infestations importantes de ravageursa | ||
| Dendroctone du pin ponderosa (2011) | 4,6 | -26,4 |
| Livrée des forêts (2010) | 0,2 | 43,1 |
| Tordeuse des bourgeons de l'épinette (2010) | 1,5 | 53,2 |
| Superficie affectée par des pathogènes | ||
| Pourridié-agaricb | 203,0 | 0,0 |
| Superficie récoltée (2010) | 0,7 | 12,2 |
a Y compris la superficie de défoliation modérée à grave.
b La superficie touchée demeure constante d’une année à l’autre, mais la maladie empire.
Sources : Centre interservices des feux de forêt du Canada, Base nationale de données sur les forêts et Ministry of Forests, Lands and Natural Resource Operations de la Colombie-Britannique
Superficies forestières perturbées annuellement par les incendies, les insectes (trois espèces) et la récolte, 2000-2011
Sources : Centre interservices des feux de forêt du Canada, Base nationale de données sur les forêts et Ministry of Forests, Lands and Natural Resource Operations de la Columbie-Britanique
Description détaillée (avec tableau de données).
Pour des données supplémentaires, veuillez consulter la Base nationale de données sur les forêts.