Proportion des aires de coupe bien régénérées de façon artificielle et naturelle
Pourquoi cet indicateur est-il important?
La régénération réussie des superficies récoltées assure la production de fibre ligneuse des terrains forestiers et l’offre continue des écoservices clés, tels que le stockage du carbone, la régulation de l’eau en termes de qualité et de quantité et l’apport de possibilités récréatives et d’habitats fauniques.
Au Canada, les lois provinciales exigent que les secteurs des terres provinciales de la Couronne qui sont récoltés soient régénérés convenablement. Il revient aux provinces d’établir les normes et règlements qui détermineront si une superficie récoltée donnée s’est bien régénérée. Les normes varient entre les provinces, mais comprennent généralement les mêmes critères de composition d’espèces, de densité et de distribution; d’âge et de hauteur des arbres en régénération; de distribution de divers types de forêts et de classes d’âges au sein du paysage. Les superficies récoltées doivent satisfaire aux normes provinciales de régénération dans un délai de temps spécifique.
La régénération artificielle (plantation et ensemencement) augmente la probabilité d’atteindre, par la régénération, la composition souhaitée des espèces de la forêt à venir de même que de contrôler au maximum leur densité et leur coefficient de distribution.
La régénération naturelle peut être efficace quand elle est prescrite dans certaines conditions et dans le cas de certaines espèces, telles que le tremble ou les épinettes des basses terres. Le principal avantage de la régénération naturelle est qu’elle ne requiert qu’un minimum d’assistance humaine, ce qui la rend potentiellement moins coûteuse que la régénération artificielle. Cependant, le contrôle sur la composition en espèces est moindre, et des mesures correctives, telles que l’éclaircie ou la plantation intercalaire, peuvent être nécessaires pour la régulation de la densité et la distribution des essences conformément aux normes en matière de régénération.
La proportion de superficies régénérées naturellement et artificiellement peut fluctuer en fonction de plusieurs facteurs, dont l’intensité de la récolte, le type de forêt récoltée et la superficie touchée par les perturbations naturelles telles que les incendies, les infestations d’insectes et le vent. Par exemple, l’importance de superficies brûlées dont on a récupéré le bois peut influencer les taux annuels de régénération, parce que les superficies de récupération peuvent autant convenir à la régénération naturelle qu’à l’artificielle, compte tenu du site et de la composition d’espèces originelle.
La superficie totale régénérée est souvent corrélée avec la superficie récoltée, mais les taux de régénération généralement observés sont décalés d’approximativement deux ans par rapport à l’année où la perturbation a eu lieu.
Qu’est-ce qui a changé?
Jusqu’au début des années 1950, les forestiers qui aménageaient les forêts équiennes comptaient presque exclusivement sur la régénération naturelle dans les superficies récoltées. Récemment, avec l’amélioration des techniques, l’apport d’outils plus efficaces et avec l’évolution des normes provinciales de régénération, la régénération naturelle et la régénération artificielle représentent chacune approximativement la moitié de la superficie totale des fiducies foncières qui se régénère annuellement au Canada.
Entre 2009 et 2010, la superficie régénérée artificiellement a augmenté de 1,8 %1. À l’inverse, le nombre total de semis plantés a chuté de 1,0 % pour atteindre sa valeur la plus basse en 20 ans, soit 512 millions. Par rapport à la moyenne sur 10 ans, la superficie régénérée artificiellement et le nombre de semis plantés ont connu une baisse respective de 10,3 et de 13,4 %. Cependant, en 2010, la superficie artificiellement régénérée a augmenté pour la première fois depuis la forte diminution (42 %) de la superficie récoltée annuellement, qui est passée de sa valeur la plus élevée en 10 ans, en 2005, à sa valeur la plus faible en 10 ans, en 2009.
La chute du taux de récolte a commencé avec le début de l’effondrement du marché immobilier aux États-Unis et avec la baisse de la demande en produits en bois massif canadiens. La diminution de la demande en produits de pâtes et papiers a également fait ralentir la production dans ce secteur, ce qui s’est répercuté sur le taux de récolte.
La proportion de superficie régénérée artificiellement par rapport à la superficie régénérée naturellement a augmenté en 2010. Cette proportion a été estimée à 67,4 % de la superficie récoltée au total en 20102. Cette déviation par rapport à la différence enregistrée dans le passé entre la régénération artificielle et la régénération naturelle tient peut-être au type de forêts récoltées. Par exemple, une diminution de la demande en produits en bois de feuillus entraînerait une baisse du nombre de peuplements à prédominance de feuillus récoltés, et donc, à une diminution de la régénération naturelle de ces peuplements. De manière similaire, si la récolte des conifères se déplaçait des basses terres vers les hautes terres, il faudrait intensifier la régénération artificielle.
La superficie totale régénérée naturellement va probablement continuer à diminuer jusqu’au recouvrement bien établi des taux de récolte, lequel va dépendre de l’amélioration de la demande nord-américaine et internationale en produits forestiers canadiens.
| Superficie (hectares) | Pourcentage de superficie récoltée en 2008a | Pourcentage de changement de superficie par rapport à l’année précédente | Pourcentage de changement de superficie par rapport à la moyenne sur 10 ansb | |
|---|---|---|---|---|
| Récolte (2008)a | 595 000 | -14,0 | -31,0 | |
| Mode de régénération | ||||
| Naturelc | 219 000 | 36,8 | -26,5 | -47,2 |
| Artificiel | 401 000 | 67,4 | 1,8 | -10,3 |
| Plantation | 390 000 | 65,5 | 3,2 | -7,9 |
| Ensemencement | 11 000 | 1,8 | -30,4 | -53,3 |
aAvec un décalage supposé de deux ans entre la récolte et la régénération. Les données sur les superficies récoltées datent de 2008. La portion des superficies récoltées en 2008 qui est régénérée est calculée par la division des données de 2010 par celles de 2008.
bLa moyenne de 10 ans de superficies récoltées porte sur les années 1998–2007 et la moyenne de 10 ans de superficies régénérées naturellement et artificiellement porte sur les années 2000–2009.
cRégénération naturelle = Récolte en 2008 moins la régénération artificielle en 2010.
Source : Base nationale de données sur les forêts
Régénération forestière sur des terres provinciales de la Couronne, partout au Canada, 2000-2010
Source : Base nationale de données sur les forêts
1Données sur les forêts équiennes des terres de la Couronne partout au Canada. Les terres fédérales et privées sont exclues.
2Puisqu’il y a généralement un décalage de deux ans entre la récolte et la régénération de façon à permettre la préparation du site et la production de matériel de pépinière, les données de régénération de 2010 sont comparées aux données de récolte de 2008.
Description détaillée (avec tableau de données).
Pour des données supplémentaires, veuillez consulter la Base nationale de données sur les forêts.