Superficies forestières ajoutées et perdues
Pourquoi cet indicateur est-il important?
Savoir comment et pourquoi les superficies forestières se modifient au fil du temps est crucial si l’on veut gérer les forêts de manière durable puisque ces changements peuvent entraîner des pertes à long terme (p. ex., le déboisement) ou des ajouts (p. ex., le boisement) de superficies forestières du Canada.
- Le déboisement est la conversion à long terme de terrains forestiers pour l’utilisation à d’autres fins. La principale cause de déboisement au Canada est la conversion de terrains forestiers à des fins agricoles ou à des fins de développement industriel, d’extraction de ressources et d’expansion urbaine. La récolte, lorsqu’elle est suivie de régénération, ne constitue pas du déboisement.
- Le boisement est l’établissement de nouvelles forêts sur des terrains qui n’étaient pas boisés.
Vu que les forêts constituent une source d’écoservices, comme la purification de l’eau et le contrôle de l’érosion, les superficies ajoutées et perdues ont une incidence sur la conservation des sols et de l’eau ainsi que sur la capacité globale des forêts à se remettre des perturbations naturelles et anthropiques. De plus, les écosystèmes forestiers sont des puits ou des sources de carbone. Ainsi, la surveillance des changements dans les ajouts et les pertes aide les chercheurs à déterminer la capacité du Canada de satisfaire à ses obligations liées au changement climatique.
Qu’est-ce qui a changé
Au cours des deux dernières décennies, au Canada, le taux annuel de déboisement a décliné, soit la diminution de juste un peu plus de 64 000 hectares en 1990 à quelque 45 000 hectares en 2010. Des pics ont été enregistrés sur de courtes périodes pendant ce déclin, cependant, ce fût lorsque des terres forestières ont été submergées par des réservoirs d’eau associés à de grands projets d’hydroélectricité. Par exemple, 35 000 hectares de superficie forestière ont été perdus dans le milieu des années 1990 et 28 000 hectares ont été perdus dans le milieu des années 2000, en raison de la création de réservoirs.
En 2010, le déboisement a entraîné des émissions nettes de 15,7 millions de tonnes d’équivalents CO2, soit une diminution par rapport aux 27,5 millions de tonnes émises en 1990. (Ces nombres représentent les transferts latéraux du carbone de l’écosystème forestier au secteur des produits forestiers en termes [1] d’émissions de gaz à effet de serre dans l’atmosphère et [2] d’émissions résiduelles du déboisement des années précédentes.)
Le boisement réalisé au Canada depuis 1990 a une superficie limitée comparativement à la superficie totale des terrains forestiers. Des millions d’arbres sont plantés chaque année pour suppléer à la régénération naturelle, mais ces efforts s’inscrivent cependant dans l’aménagement forestier durable de régions qui ont déjà porté des forêts. Des programmes de plantation d’arbres sont menés dans plusieurs régions urbaines et rurales, dont le Québec, l’Ontario et les provinces des Prairies.
aRésultant de la création de chemins forestiers permanents.
bY compris les mines, les gravières, les projets d’extraction de pétrole et de gaz et la construction de grandes routes.
cExclut les réservoirs.
dY compris les pentes de ski et les terrains de golf.
eY compris le développement urbain.
fLes chiffres peuvent ne pas égaler la somme parce qu’ils ont été arrondis.
Source : Environnement Canada. 2012