Tirer davantage de valeur des arbres
- Une base de ressources forestières solide
- Projets pilotes de démonstration
- Seconde phase du Projet de la voie biotechnologique
- Faire la commercialisation des caractéristiques vertes du bois
- La puissance de meilleurs outils d’inventaire
- Exploiter la force de collaboration des réseaux de R et D universitaires
Une base de ressources forestières solide
Il y a de cela trois siècles, les nouveaux arrivants au Canada se sont vite rendu compte de la richesse que constituaient les ressources forestières qui s’étendaient devant eux sur une bonne partie du territoire d’un bout à l’autre du continent. Alors que la jeune nation se développait et prospérait, il en a été de même de son industrie forestière. Partout dans le monde, le Canada s’est fait connaitre pour l’abondance et la qualité de ses produits forestiers.
Aujourd’hui, la richesse du Canada en ressources forestières est toujours la même. Mais il a fallu reconnaître, il y a de cela une décennie, que l’utilisation des ressources n’était plus concurrentielle ou viable sur le marché mondial. De nombreux facteurs ont contribué à ébranler cette industrie autrefois vigoureuse, notamment le ralentissement de l’économie mondiale, l’intensification de la concurrence de nouveaux fournisseurs et l’intensification des pressions posées par les préoccupations environnementales. Rapidement, il est apparu que les marchés forestiers traditionnels du Canada ne voulaient plus acheter ce que le Canada avait toujours vendu. De 2003 à 2009, il y a eu plus de 130 000 emplois perdus et plus de 455 usines qui ont fermé leurs portes de façon temporaire ou définitive dans le secteur forestier canadien.
L’heure est à la transformation
Tous les acteurs du secteur forestier, y compris le gouvernement, les membres de l’industrie et les groupes d’intervenants, ont reconnu le besoin de transformer le secteur de façon majeure. En avril 2007, Ressources naturelles Canada, avec la collaboration de ses partenaires des gouvernements provinciaux et territoriaux, de l’industrie et du monde universitaire, a mis en branle un plan audacieux pour relancer le secteur. Le plan, qui porte le nom de Programme des technologies transformatrices (PTT), est réalisé par FPInnovations pour le compte de Ressources naturelles Canada.
L’objectif de cette grande stratégie nationale est la reconstruction d’un secteur forestier dynamique et tourné vers l’avenir. S’engager à réfléchir, à planifier et à agir de manière novatrice est à la base de toutes les facettes de ce programme de transformation. « Innovation » est le mot d’ordre du PTT. La mise en branle de ce programme illustre combien le secteur est conscient qu’il faut adopter une nouvelle philosophie pour relancer et revigorer un secteur forestier qui n’est plus à la fine pointe.
La crise financière mondiale des dernières années, qui s’est déclenchée après le début du PTT, n’a fait que mettre en évidence la pertinence du Service canadien des forêts d’avoir déjà mis en œuvre ce programme d’innovation d’envergure.
- l’amélioration de la productivité et des retours sur les produits et services existants;
- l’expansion des marchés en produits et services existants grâce à de l’information concurrentielle;
- la mise à contribution du secteur en tant que fournisseur d’intendance environnementale;
- l’offre de nouveaux produits et services sur des marchés de niche avec de plus grandes marges de profit.
Tirer davantage de valeur, ajouter davantage de valeur : les deux côtés de la médaille de la transformation
Un nouvel objectif clé de la stratégie de transformation consiste à augmenter le nombre de marchés actuels et futurs des produits en bois canadiens; il s’agit en effet de « tirer davantage de valeur des arbres ».
Une façon d’y parvenir est de déterminer quelles sont les nouvelles valeurs de la ressource et ensuite de les extraire et de les exploiter. La conversion des « déchets » de biomasse forestière en bioproduits en est un excellent exemple. Le bois qu’on considérait auparavant comme peu utile, par exemple celui qui a été abandonné à la suite d’activités d’exploitation, d’opérations d’usinage et d’infestations de ravageurs, est maintenant transformé en produits et en services destinés à la bioéconomie, un secteur qui connaît un essor fulgurant.
Une autre approche permettant de « tirer davantage de valeur » est de demander aux consommateurs ce qu’ils veulent et ensuite de trouver de nouvelles ou de meilleures manières d’intégrer ces valeurs aux produits. Ces temps-ci, par exemple, l’« empreinte écologique » d’un produit forestier a une influence aussi importante sur la décision d’achat que la qualité et le rendement de ce produit. Les consommateurs réclament la preuve que des pratiques respectueuses de l’environnement ont été adoptées à toutes les étapes de la vie du produit avant l’achat, qu’il s’agisse autant de la culture, de l’exploitation, de l’usinage et de la fabrication que de l’emballage et de l’expédition.
Cet accent que l’on met sur le retrait d’une plus grande valeur et sur l’ajout d’une plus grande valeur est présent tout au long de la chaîne de valeur du secteur forestier, de la reproduction sélective à la commercialisation. Grâce au rôle de chef de file, d’investisseur et de coordonnateur que joue Ressources naturelles Canada, la stratégie bien intégrée du Programme des technologies transformatrices permet la centralisation des efforts pour :
- encourager la recherche et le développement de technologies et de processus nouveaux et révolutionnaires qui pourraient mener à la prochaine génération de produits forestiers;
- trouver de nouvelles utilisations de la fibre ligneuse et de nouveaux marchés de nouveaux produits et processus découverts;
- diversifier la gamme de produits à plus grande valeur ajoutée, en particulier dans les domaines spécialisés (par exemple, les biocarburants, les produits biochimiques et la nanotechnologie).
Tout cela fait partie du programme double qui vise l’amélioration de la productivité et des biens plus haut de gamme dans le but d’accroître la concurrence du secteur à l’échelle mondiale, et ce, dans le respect et la promotion de l’environnement.
Quelques exemples d’initiatives en cours :
- lancement de projets pilotes de démonstration pour aider à développer, à présenter et à évaluer les produits et les services de la prochaine génération;
- réponse à la demande rapidement grandissante du marché en bioproduits et les processus biologiques ainsi qu’en matériaux de construction « verts »;
- soutien au développement et à l’exploitation opérationnelle des technologies et des outils d’inventaires avancés qui peuvent servir à optimiser les activités de la chaîne d’approvisionnement, de la fibre jusqu’à la production;
- exploitation de la force de collaboration des réseaux de R et D universitaires pour accélérer la recherche prioritaire dont bénéficierait l’industrie.
L’« avantage canadien »
Le secteur forestier du Canada a toujours eu deux cartes gagnantes dans son jeu : la superficie et la diversité de ses forêts. Ces atouts, combinés à son infrastructure sociale, sa stabilité politique et sa richesse économique bien établies, ont depuis longtemps placé le pays dans une position privilégiée relativement à presque tous les autres dans le marché mondial du secteur forestier.
Cependant, comme l’a montré le piètre rendement du secteur dans la dernière décennie, les marchés des produits de base, tout comme la conjoncture mondiale, ne sont jamais immobiles. La technologie et le savoir scientifique évoluent, les attentes sociales se transforment, les climats politiques changent. La santé des forêts et la productivité des ressources changent également. Tous ces changements exercent une influence sur les marchés et sur la capacité de tous les joueurs de ce marché à demeurer concurrentiels.
Aujourd’hui, le secteur forestier canadien, qui se revitalise rapidement grâce au PTT, peut continuer à aller de l’avant, plus fort que jamais. Il fait de nouveau la preuve qu’il est l’égal de ses concurrents en matière de savoir-faire technologique, de capacité d’infrastructure et de compréhension des besoins du marché. En plus de cela, l’« avantage canadien » unique de la superficie et de la diversité de la forêt existe toujours. Cet avantage indéniable demeure un atout déterminant du secteur forestier, autour duquel le Canada continuera d’y élaborer ses stratégies.
Le gouvernement fédéral et le changement fondé sur l’innovation dans le secteur forestier
« Le budget de 2010 : Tracer la voie de la croissance et de l’emploi finance les activités du programme intitulé Investissements dans la transformation de l’industrie forestière (ITIF) avec un budget de 100 millions de dollars sur quatre ans : l’élaboration, la mise en marché et la mise en œuvre de technologies de pointe dans le secteur forestier. Le programme aura ainsi contribué à édifier une industrie de renommée mondiale capable de soutenir la concurrence dans l’économie de l’énergie propre de demain. »
« De plus, conformément au Plan d’action économique du Canada, le gouvernement a engagé 170 millions de dollars du budget de 2009 dans l’initiative Investissement dans le secteur forestier canadien pour que l’on continue la transformation en favorisant la mise au point de produits forestiers de prochaine génération et l’élargissement des marchés mondiaux des produits forestiers canadiens. Ce financement comprend la somme de 40 millions de dollars pour la mise sur pied de projets pilotes de démonstration dans le cadre du Programme des technologies transformatrices. »