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Par Richard Hamelin
Chaque année, le Québec produit environ un million de mètres cubes de tourbe. L’étude des conditions de travail des quelque 700 travailleurs de cette industrie révèle qu’ils sont exposés à un niveau élevé de poussière contenant différents types de bactéries et de moisissures. La tourbe est en fait un véritable réservoir de mycobactéries non tuberculeuses. Même si ces dernières ne sont pas toutes pathogènes, certaines espèces sont impliquées dans plusieurs problèmes d’infection et d’hypersensibilité pulmonaires.
La mesure précise de l’exposition des travailleurs aux mycobactéries est rendue difficile par la contamination des échantillons d’air par les moisissures.
L’utilisation d’une approche issue de la biologie moléculaire basée sur l’amplification par la polymérase de l’ADN a conduit à une meilleure évaluation de l’exposition des travailleurs aux mycobactéries non tuberculeuses. Cette approche a été développée, dans un premier temps, par des chercheurs du Service canadien des forêts pour détecter rapidement la présence de ravageurs forestiers et a ensuite été appliquée à la détection de pathogènes humains dans les tourbes.
En utilisant cette approche, il est possible de détecter jusqu’à 10 000 fois plus de pathogènes qu’avec les méthodes traditionnelles d’échantillonnage. De plus, de nouvelles espèces de mycobactéries ont été détectées. Parmi celles-ci, certaines sont reconnues pour leur capacité à causer des problèmes de santé.
L’expertise du SCF dans le domaine du diagnostic moléculaire a donc contribué à améliorer la détection des pathogènes et à mieux comprendre la relation entre le niveau d’exposition aux mycobactéries et la présence d’anticorps spécifiques dans l’organisme des travailleurs.
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