Imprimez cet article
Notes sur la science et les politiques
Mai 2008
Le Service canadien des forêts de Ressources naturelles Canada surveille le déboisement afin de se conformer aux exigences internationales de rapport en matière de changements climatiques.
Le taux de déboisement annuel est estimé à l’aide d’images satellitaires et aériennes, de relevés de l’utilisation des terres et d’inspections sur le terrain. Les résultats montrent que s’il existe un certain déboisement au Canada, la plus grande partie ne résulte pas de l’activité forestière mais de celle d’autres secteurs de l’économie comme l’agriculture et le développement urbain.
Le déboisement est l’élimination permanente de la couverture forestière d’un secteur et la conversion de ces terres forestières à d’autres utilisations. Au Canada, on utilise la coupe à blanc et d’autres méthodes de récolte dans le cadre de l’aménagement forestier durable pour fournir du bois aux fins de la production de papier ou de produits ligneux. On considère qu’il ne s’agit pas de déboisement, car on replante le secteur ou on laisse la régénération naturelle suivre son cours, ce qui renouvelle la couverture forestière.
Les 402 millions d’hectares de forêts et d’autres terres boisées du Canada représentent environ 10 % de la couverture forestière mondiale. En 2005, on a déboisé quelque 56 000 hectares au Canada. Le taux de déboisement annuel a diminué au cours des 30 dernières années si on fait exception des grands projets hydroélectriques de la fin des années 1970 et du début des années 1980. Dans l’ensemble, le déboisement a touché moins de 0,02 % des forêts du Canada en 2005. Une partie de ce déboisement est compensé par l’agrandissement du territoire forestier, attribuable aux mesures de boisement (création, par la plantation, d’une zone boisée). On estime que 9 400 hectares ont été reboisés en 2005.
Environ 13 millions d’hectares de forêts sont déboisés chaque année dans le monde, soit la superficie combinée de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick. Par conséquent, le déboisement au Canada ne représente que 0,4 % du déboisement mondial, si peu comparativement à notre part mondiale de forêts de 10 %. Partout dans le monde, le déboisement constitue un enjeu important, car il réduit la biodiversité, nuit à la qualité de l’eau et du sol et contribue de façon importante aux changements climatiques. Le taux de déboisement au Canada est assez faible, mais il vaut mieux essayer de le réduire lorsque cela est possible.
L’agriculture est la cause d’un peu plus de la moitié du déboisement effectué en 2005 (voir la représentation graphique), les forêts étant coupées pour faire place à des pâturages et à des récoltes. Les autres causes de déboisement sont le développement urbain, les couloirs de circulation et les loisirs (19 %); les projets d’aménagement hydroélectrique (10 %); l’exploitation forestière (10 %); et d’autres activités d’exploitation des ressources naturelles (8 %). Environ les deux tiers de ce déboisement touchent la forêt boréale du Canada, principalement en Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba (à la frontière des Prairies).
Le déboisement au Canada dépend de la demande relative à l’exploitation des ressources, de la croissance économique et de la nécessité de construire des infrastructures. Les initiatives visant à réduire le déboisement doivent donc être examinées en fonction d’autres objectifs comme la croissance de l’économie, la diversification des activités économiques et l’appui à l’emploi dans la collectivité.
Il est donc difficile de trouver des façons de réduire le déboisement. Divers règlements et politiques gouvernementaux influent sur le développement et ils varient selon les secteurs et les administrations. Les politiques et les règlements portent habituellement sur des enjeux comme l’environnement, la sécurité ou l’économie et non sur le déboisement. Le manque de sensibilisation du public à l’égard du déboisement constitue un autre défi. Le gouvernement et le public n’ont commencé que récemment à se pencher sur cette question.
Comme la sensibilisation s’accroît, les gouvernements et l’industrie essaient de mieux comprendre et de réduire le déboisement au Canada. Les gouvernements provinciaux reconnaissent la nécessité d’adopter une approche plus globale et utilisent de plus en plus des pratiques novatrices comme l’aménagement intégré du paysage (AIP). L’AIP exige la planification de l’utilisation des terres en tenant compte de tout le paysage et en encourageant la collaboration entre les différents utilisateurs. Par exemple, l’AIP a été utilisé en Alberta pour coordonner la coupe des forêts et l’exploitation des sables bitumineux afin de s’assurer que les entreprises forestières récoltaient du bois de sites qui devaient être déboisés aux fins de l’exploitation pétrolière et gazière et afin d’empêcher le déboisement pour ces mêmes fins de secteurs nouvellement replantés. La Colombie-Britannique a aussi utilisé l’AIP pour encourager les diverses industries qui exploitent les forêts à partager les routes plutôt qu’à créer leur propre réseau.
Environnement Canada. 2007. Rapport d’inventaire national 1990–2005 : Sources et puits de gaz à effet de serre au Canada. Ottawa, Ontario. [en ligne] (consulté le 30 janvier 2008)
Évaluation des ressources forestières mondiales. 2005. Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture. Rome. [en ligne] (consulté le 30 janvier 2008)
[GIEC] Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. 2007. Climate Change 2007: The Physical Science Basis. Contribution of Working Group I to the Fourth Assessment Report of the IPCC. S. Solomon, M. Manning, Z. Chen, M. Marquis, K.B. Averyt, M. Tignor et H.L. Miller (eds.). Cambridge University Press, Cambridge. [en ligne] (consulté le 30 janvier 2008)
Courriel : cfs-scf@rncan.gc.ca
Recherche forestière, Changements climatiques