Imprimez cet article
Le rapport entre le réchauffement de la planète et la forêt est, en quelque sorte, une question de degrés : degrés de température, degrés de latitude et degrés dans l'ampleur du problème. L'augmentation de la température de la Terre de quelques degrés pourrait, par exemple, être propice à des ravageurs, à des maladies et à des incendies de forêt à des latitudes supérieures, avec, pour conséquence, divers degrés dans l'ampleur du problème.
La Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques s'attaque au réchauffement de la planète à l'échelle internationale, dans un effort pour assurer un avenir viable. Conformément à son mandat, qui comprend la durabilité de l'environnement, le Service canadien des forêts étudie la réaction des forêts au changement climatique, en collaboration avec d'autres ministères fédéraux, les gouvernements des provinces et des territoires, l'industrie, les universités et d'autres organisations non gouvernementales du Canada et du monde entier.
Gardien du dixième des forêts de la planète, le Canada est directement intéressé à en assurer la durabilité. En plus d'étudier la manière dont le changement climatique peut causer la détérioration des forêts ou l'augmenter, le Service canadien des forêts fait des recherches sur les changements possibles du paysage forestier à différents égards, soit le fonctionnement des écosystèmes, la diversité des essences d'arbres ainsi que la structure et la composition de la forêt. Ses recherches concernant le réchauffement de la planète sont coordonnées par le Réseau sur le changement climatique du Centre de foresterie du Nord.
Le Centre de foresterie du Pacifique joue également un rôle essentiel dans les recherches sur le changement climatique effectuées par le Service canadien des forêts, notamment en consacrant des efforts importants à l'établissement d'un cadre pour la comptabilisation du carbone à l'échelle nationale. Comme le dioxyde de carbone est un gaz à effet de serre majeur, l'estimation de l'ampleur des échanges de carbone entre l'atmosphère et la forêt représente un volet essentiel de ces recherches. Les stocks de carbone des forêts suivent des tendances qui fluctuent dans le temps. Lorsqu'ils augmentent, les forêts sont un puits de carbone; elles en sont une source lorsqu'ils diminuent. Le Service canadien des forêts surveille les stocks et les flux de carbone dans les écosystèmes forestiers, depuis les années 1980, en se servant du Modèle du bilan du carbone pour le secteur forestier canadien, un modèle de simulation informatique intégrant des données réelles d'inventaires et des processus modélisés. La comptabilisation du carbone est essentielle non seulement en regard des engagements liés au Protocole de Kyoto, s'il est ratifié, mais aussi pour rendre compte des changements d'utilisation des terres et des échanges de crédits-carbone entre provinces ou à l'échelle internationale, le cas échéant.
Evelynne Wrangler, directrice de l'Information sur les forêts, au Centre de foresterie du Pacifique, explique que la recherche actuelle sur le changement climatique est, en partie, la réponse au besoin international de données d'observations à l'échelle mondiale, régionale et locale. La production de données à d'aussi grandes échelles nécessite des partenariats entre les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux, les universités et l'industrie au pays et dans le monde entier.
Les initiatives concernant le changement climatique, décrites dans les pages qui suivent, représentent un échantillon des activités actuellement en cours au Centre de foresterie du Pacifique en vue d'assurer la durabilité des forêts canadiennes.
Numéro spécial : Changement climatique et comptabilisation du carbone forestier au Canada.