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Le douglas bleu est une essence de grande importance économique. Il est planté à grande échelle et est l’une des essences les plus sensibles à l’infection par l’Armillaria, une maladie des racines qui finit par le tuer. Grâce aux recherches qu’ils ont effectuées, Richard Robinson et Duncan Morrison ont cerné certains des mécanismes de résistance à l’Armillaria ostoyae chez le mélèze de l’Ouest et le douglas bleu et ont ainsi pu inoculer certains douglas et, à partir des réactions de ces arbres, identifier les sujets manifestant une résistance à cette maladie des racines.
M. Morrison a effectué ces travaux dans le cadre du programme de recherche qu’il mène au Centre de foresterie du Pacifique du Service canadien des forêts, à Victoria, et grâce auquel il fournit aux praticiens de la foresterie du gouvernement, de l’industrie et des sociétés d’experts-conseils des outils pour réduire les dégâts causés par les maladies des racines dans les forêts. Ces travaux s’inscrivaient également dans les recherches de doctorat de M. Robinson, financées par l’Entente Canada/Colombie-Britannique sur la mise en valeur des ressources forestières (EMVRF) et ayant pour thème la réaction du mélèze de l’Ouest et du douglas à l’infection par l’A. ostoyae. Avant les travaux de MM. Robinson et Morrison, aucune étude comparative de la réaction d’arbres d’âges divers à l’infection par le pourridié n’avait été publiée et aucune comparaison entre ces deux essences n’avait été établie.
Armillaria ostoyae est un champignon pathogène qui provoque une maladie des racines chez les conifères. L’Armillaria est présent partout dans le tiers méridional de l’intérieur de la Colombie-Britannique et peut infecter et tuer toutes les essences de la région. Il attaque les racines de l’arbre, les fait pourrir, puis progresse dans les tissus de la tige qu’il finit par entourer et faire mourir en interrompant l’absorption d’eau et d’éléments nutritifs. Il peut tuer chaque année jusqu’à 2 % des semis de douglas établis en plantation, et les arbres ne pourront lui résister efficacement que lorsqu’ils seront suffisamment mûrs.
MM. Robinson et Morrison ont étudié les racines de mélèzes de l’Ouest et de douglas malades et en santé d’âges variés. Ils espéraient déterminer si les arbres réagissaient différemment au champignon selon leur âge et s’il existait une différence au niveau des mécanismes de résistance entre les deux essences à un même âge.
Ils ont découvert que la réaction de l’hôte dépendait effectivement de l’âge de l’arbre et que la plupart des arbres de moins de 15 ans de l’une ou l’autre essence ne survivaient pas à l’infection. Ils ont également constaté que les deux essences réagissaient de la même manière à l’infection par A. ostoyae : les hôtes les plus résistants produisaient un type de tissu appelé périderme nécrophylactique autour du siège d’une infection, l’empêchant ainsi de se propager vers la tige.
Le périderme nécrophylactique est une réaction tissulaire à une blessure causée par un champignon ou un autre facteur. La capacité d’un périderme nécrophylactique de produire rapidement de multiples couches de suber est fonction de l’âge et est le facteur déterminant de la résistance de l’arbre à l’A. ostoyae. Les seules différences relevées entre les deux essences tenaient à ce que le mélèze de l’Ouest était capable de produire des bandes de périderme nécrophylactique à un plus jeune âge que le douglas et avait une croissance plus rapide, un avantage supplémentaire pour échapper à la maladie. Cette constatation a réellement surpris les chercheurs qui, d’après leur expérience sur le terrain, pensaient trouver une plus grande différence entre le douglas et le mélèze.
Les résultats des recherches de MM. Robinson et Morrison ont confirmé que le mélèze de l’Ouest avait une résistance à l’A. ostoyae à un plus jeune âge et de manière plus fréquente que le douglas et ont mis en évidence le mécanisme de cette résistance. « Nous savons maintenant ce que nous cherchons, souligne M. Morrison. Par conséquent, nous pouvons sélectionner des familles de douglas et voir comment elles réagissent au champignon. Les généticiens pourraient alors fournir des semences provenant des familles les plus résistantes de la population à l’industrie forestière pour rétablir des forêts en santé ayant un matériel sur pied adéquat. »