La biotechnologie comprend l’ensemble des technologies utilisant des végétaux, des champignons, des bactéries et autres organismes vivants pour la production de biens et de services. Les produits de la biotechnologie, comme des arbres modifiés portant des caractères de choix, ou des agents de lutte biologique contre les ravageurs qui soient inoffensifs pour l’environnement, peuvent améliorer la productivité des plantations forestières et des forêts aménagées. Le Service canadien des forêts (SCF) fait progresser les connaissances sur la biotechnologie et ses applications en vue d’améliorer les méthodes de régénération et de protection des forêts, tout en se préoccupant de leurs répercussions environnementales.
L’utilisation d’arbres modifiés ou d’agents de lutte biologique dans les écosystèmes forestiers doit se faire dans le respect de l’environnement. Les impacts environnementaux potentiels de ces organismes doivent donc être évalués avant de permettre leur commercialisation. Le gouvernement fédéral s’engage à assurer la sécurité des Canadiens, des Canadiennes et de leur environnement grâce à la recherche et par l’adoption de lois et de règlements.
Les baculovirus constituent un groupe de virus naturels spécifiques à certains insectes. Parmi ces virus, certains s’attaquent spécifiquement à la tordeuse des bourgeons de l’épinette. Lorsqu’un insecte sensible ingère des baculovirus, les particules virales se propagent dans ses tissus et infectent les larves. Les insectes malades cessent de s’alimenter et finissent par mourir.
Les pesticides chimiques à large spectre, c’est-à-dire non sélectifs, ne sont plus acceptables aux plans écologique et social. Par contre, les agents de lutte biologique, en particulier ceux dont la gamme d’hôtes est étroite, comme les baculovirus, sont beaucoup plus respectueux de l’environnement. Un baculovirus auquel un gène a été ajouté ou retiré est dit génétiquement modifié.
Les baculovirus naturels mettent beaucoup de temps à détruire la tordeuse des bourgeons de l’épinette ; il faut compter une période de 5 à 14 jours. Pendant ce temps, l’insecte continue de consommer une grande quantité de feuillage. Pour accélérer l’efficacité des baculovirus et ainsi réduire les dommages aux arbres, on peut les modifier en leur ajoutant ou en leur retirant un gène.
L’utilisation de virus naturels s’attaquant aux insectes, comme les baculovirus, constitue une solution de rechange aux méthodes chimiques ou aux autres méthodes biologiques de lutte contre les ravageurs forestiers. Les principaux avantages de la plupart des baculovirus résident dans le fait qu’ils sont d’origine naturelle et qu’ils sont extrêmement spécifiques à l’insecte hôte. Contrairement aux produits antiparasitaires à spectre plus large, les baculovirus n’affectent pas les autres insectes, les oiseaux, les poissons, les mammifères ou les humains.
Le baculovirus génétiquement modifié pour lutter contre la tordeuse des bourgeons de l’épinette est le produit de lutte antiparasitaire le plus spécifique à avoir été conçu à ce jour. Cette spécificité permet de réduire au minimum les risques de dommages causés aux autres espèces dans l’écosystème forestier. Combinés à d’autres méthodes de protection des arbres contre les ravageurs, les baculovirus réduisent la nécessité de recourir à des produits à large spectre. Les principaux avantages liés aux baculovirus génétiquement modifiés se résument ainsi :
Avant l’expérimentation en milieu naturel, les nouveaux baculovirus génétiquement modifiés sont soumis à des études exhaustives en laboratoire visant à déterminer les risques potentiels pour d’autres organismes, y compris les humains. Tous les éléments de la formulation, le virus et le matériel qui lui sert de support, font alors l’objet d’une identification et d’une évaluation.
Des études initiales sur le terrain consistent en la dissémination d’un baculovirus génétiquement modifié et marqué pour en étudier la survie, la persistance et la dispersion. On procède alors à des essais à petite échelle sous contrôle scientifique. Les données recueillies ainsi que les résultats des tests de sécurité en laboratoire servent à une évaluation effectuée conformément à la réglementation édictée par le gouvernement.
Avant de procéder aux essais sur le terrain, les chercheurs doivent obtenir l’approbation de l’Agence de réglementation de la lutte antiparasitaire (ARLA) de Santé Canada, conformément à la Loi sur les produits antiparasitaires. Cette loi et la réglementation qui en découle visent précisément la protection de la santé humaine et de l’environnement, ainsi que le rendement des produits.